16May2020

CENDRILLON | Zones d’ombres

À quoi peut bien ressembler la naissance d’une Fée ?

Comment ce fait-il que Cendrillon n’ai pas manifesté plus de surprise en se réveillant nez à nez avec un follet ? Quelle habitude a-t-elle des visites de la fée ?

D’où viennent ces femmes qui, au bal, sont présentes sans que l’action ne s’arrête une seule fois sur elles, mais sans qu’elles s’en émeuvent pour autant ?

À quelle occasion Pandolfe avait-il fait la rencontre du Roi auparavant ? Lui pour qui la cour ne représentait que peu d’intérêt, préférant alors la tranquillité de ses bois, quelle importance a eu la reconnaissance royale et quels sentiments vint-elle déterrer ? Des angoisses ? Des espoirs ? Une résurrection sociale ?

Que veut dire, au coin de cette salle noire de monde, ce bras à moitié plié avec au bout cette main toute renfrognée sur elle-même qui s’agrippe au pantalon de son porteur ?

Que se passe-t-il en cas de dysfonctionnement de la baguette de la fée, à court, moyen et long termes ?

L’apparence est elle primordiale aux yeux du prince ? Qu’aurait il pensé si Cendrillon était entrée dans la salle du bal avec ses guenilles ou bien s’il l’avait croisée sur la place du marché ?

Quelle est la première chose que le prince a remarqué chez Cendrillon ? Quand il l’a approchée, dans le calme de la grande salle vidée, sur quel détail son attention s’est-elle posée ?

L’histoire d’amour entre Cendrillon et le Prince (ainsi que toutes les histoires d’amour au théâtre) est-elle là pour enrober le déroulement de la pièce, ou est-ce l’inverse ? Ou bien encore une relation entre cet évènement et cette action théâtrale et musicale qui échapperait d’abord à notre œil, qui se trouverait là comme le témoin d’une valse dont la beauté dérobe à l’attention les mots qu’échangent tout bas le danseur et la danseuse ?

Pourquoi le couvre-feu de Cendrillon est-il fixé à minuit ?

Comment Cendrillon a-t-elle pu lire l’heure lorsqu’elle était au bal et en déduire ainsi l’urgence de son départ ? Dieu sait que montre et robe de soirée ne font pas bon ménage. D’ailleurs, possédait-elle une montre ? Y avait-il une horloge fonctionnelle dans la salle de bal ou bien était-il d’usage de désactiver tous les cadrans afin que rien ne perturbe les cavaliers ?

Que ferait comme bruit de la grande horloge du château si elle avait à sonner minuit deux?

Pourquoi, dans le conte de Charles Perrault, le prince essaie t-il de retenir Cendrillon avec de la poix ? Est-ce normal pour un prince charmant d’avoir de la poix chez soi ?

Lorsque Cendrillon s’enfuit à toutes jambes du bal, comment fait-elle pour ne pas briser en mille morceaux ses pantoufles de verre, ce verre transparent comme une glace de Saint-Gobain*, clair comme l’eau de source des Pyrénées, et fragile comme du cristal de roche ?

Quel pouvait bien être le fond de l’âme de cet homme qui, sans signer, nous a offert par le plafond de cette grande salle de bal cette peinture monumentale avec pourtant tant de détails, comme cet ange auréolé qui d’un geste bienveillant invite le spectateur au repos, à la tranquillité et à la tempérance ?
Comment Madame de la Haltière — après vraisemblablement avoir été le Pandolfe du père de ses filles –, est-elle devenue tyran à son tour?

Noémie doit avoir grand besoin de souffler. Où cette enfant trouve-t-elle du réconfort ?

Quel genre de propos Dorothée tient-elle pour elle même lorsqu’elle est seule dans sa chambre le soir, entièrement nue devant son grand miroir doré ?

Quel aurait été le destin de Cendrillon si Mme de la Haletière l’avait traitée comme sa propre fille ?

D’où vient cet appétit débordant de Madame de la Haltière pour la reconnaissance sociale ? Comment ses filles vivent elles la projection de leur mère à travers leur personne ? Dans quelle mesure leur ressemblance avec elle au même âge est-elle insupportable à ses yeux ?

Quelle est le travail de Cendrillon en été ?

Qui était le premier mari de Madame de la Haltière ? Comment était-il, fort (bien) marri d’être marié avec une telle mégère ? Comment expliquer son départ… ou sa disparition ?

Puisqu’il est si difficile de recomposer une famille pour deux époux veufs que peu de choses rassemblent, par quelles ruses Madame de la Haletière a-t-elle réussi à persuader Pandolfe de quitter son confort rustique : fut-ce par le charmant mirage de sa luxure citadine, ou bien par cette coquette sensualité qui visiblement était bien inconnue à ce dernier, plus habitué à la douce simplicité des femmes de la campagne?

Quels noms d’oiseaux et autres sobriquets vitupéreux sont chuchotés entre deux battements de porte par les domestiques pour désigner Mme de la Haltière ?

Pourquoi Madame de la Haltière paraît-elle toujours aussi sèche ? Dans quelle mesure cette semblance est-elle conforme à son ressenti ? Quelle trajectoire ou quelle déficience l’ont-elles produite ?

Où s’est caché le chien du Prince Charmant dans le livret ? Comment l’imaginez vous ?

Quel est le livre de chevet de madame de la Haletiere?
Une dame du monde prend grand soin de varier ses lectures, les partage avec ses filles, certes, mais son préféré, à ELLE…?

À quand remonte le dernier moment heureux de Pandolfe ?

Si la vie de Cendrillon lui était si difficile chez les de la Haletière, pourquoi n’a-t-elle jamais pensé appeler S.O.S. enfance maltraitée ?

Quelle est l’expression du visage de Pandolfe lorsqu’après avoir chassé Mme de la Haletière au retour du bal, il se rend compte qu’il lui a tenu tête pour la toute première fois ?

Quel est le parfum de Mme de la Haltière ?

Quel est le protocole érotique du couple que forment Pandolphe et Madame de la Haltière ?

Pourquoi la fée a-t-elle fait une spécialisation métamorphose à la fac ? Peut-elle se métamorphoser elle-même ? Si c’est le cas, en quoi ?

Au fait, quel est le nom du Prince Charmant ?

Sachant qu’il peut y avoir cinquante domestiques et quatre-vingt cheminées, combien y a-t’il de cendrillons dans le château du prince ?

Qu’applique la fée sur les souliers de Cendrillon pour lui permettre d’être inconnue aux yeux de tous ? Un cirage de chez Féeprix ? Une décoction jasmin, freesia, eau de pluie, poil de furet, baies roses, laurier, queue de margouillat, abdomen de luciole, gouttes de sang de sanglier ? Ou bien tout simplement quelques paillettes, glitter and be gay ? Ou bien encore une toute autre matière et quelle, alors ?

Quel est l’imprimeur ignare qui, méconnaissant l’existence des fourrures héraldiques a eu l’impertinence de corriger « vair » par « verre », tronquant ainsi un conte datant d’avant la naissance de Jésus-Christ ?

Dans l’une des premières versions de Cendrillon, « Yexian », datant du IXème siècle et d’origine chinoise, l’héroïne est retrouvée grâce à la petitesse de ses pieds. Au Xème siècle, à la fin de la dynastie TANG, la pratique du bandage des pieds est créée pour assouvir les fantasmes d’un empereur. Dans quel mesure peut-on imaginer que le conte ait influencé cette tradition ?

Comment procède la fée lorsqu’elle vient en aide à une âme en détresse ? S’occupe-t’elle de plusieurs personnages de contes dans le même temps ? Et le cas échéant, est-ce la même fée qui transforma Pinocchio en petit garçon et pourquoi son apparence nous est-elle alors décrite si différente à celle de la fée dite “des lilas” ?

Dans le monde de Cendrillon, est-ce que les verres magiques sont en pantoufle ?

Comment la société des fées est-elle organisée ? Existe-t-il une hiérarchie entre elle ou bien sont elles toutes sur un pied d’égalité ? Y a-t-il des rivalités entres les créatures affiliées à des éléments opposés comme les Sylphes et les Follets ?

De quelle couleur est le cœur épris de Cendrillon ?

Quelle est la pointure de Cendrillon? Comment peut-on avoir une taille de pieds unique au monde ?

Quelle était la forme des fameuses pantoufles en verre de Cendrillon ? A-t-elle réellement perdu par mégarde une de ses chaussures ou l’a-t-elle volontairement ôtée pour ne plus souffrir de ses ampoules ? Après tout avec une paire toute neuve des ampoules sont vite arrivées… À moins que la fugue du fameux escarpin lui ait permit d’équilibrer sa démarche disgracieuse causée par deux jambes de longueur différente ? Ou peut-être était-ce le champagne dont elle faisait l’expérience pour la première fois qui lui fit perdre l’équilibre ?

La fée a-t-elle un nom ?

Le prince a-t’il un doudou ?

À quel usage la fée peut-elle bien destiner le petit cœur sanglant du prince ?

Pourquoi le romantisme se tourne-t-il sans arrêt vers un moyen-âge emprunt de magie, comme un jeune homme qui redécouvre inlassablement la destinée de ses ancêtres ?

À quoi le chêne des fées ressemble-t-il ? Est-ce un arbre comme les autres qui a été choisi par les fées pour être leur lieu de rassemblement ? Possède-t’il au contraire des particularités magiques intrinsèques qui l’impose comme le lieu adéquat  et dans ce cas sont-elles acquises ou innées ? On aimerait bien savoir qui l’a planté là, quoiqu’il en soit.

Pourquoi Pandolfe aurait-il une relation apaisante avec la nature ?

Que prend la fée pour le petit-déjeuner?

*Anatole France, Le livre de mon ami

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