27Mar2018

Du chœur

Je viens du théâtre. Je suis arrivée à l’opéra parce qu’une chose me manquait au théâtre : le monde. Le monde. Le monde  mais pas la masse. La foule composée de dizaines de vies, avec leur héroïsme particulier, discret. Au théâtre, on trouve rarement plus de quinze personnes sur un plateau… si rarement que la plupart du temps on est guère plus de cinq. Une famille, petite, mais pas le monde.  À l’opéra, on ne peut pas faire grand-chose à moins de six… et c’est sans compter le choeur. Dans mes spectacles, je compte toujours le choeur, je compte sur lui, je le conte et le fait compter pour autant de personnages qu’il compte d’artistes. Je ne travaille pas “ la masse ”, ce qui n’empêche pas l’accord ponctuel de tout un groupe d’individus sur un sujet, dans une émotion, dans une réaction.  Un instant de consensus, quand l’écriture musicale le réclame. C’est un autre travail, plus délicat et plus lent que celui de “ la masse ”. Or, on ne m’octroie pas plus de répétition qu’aux autres, ceux et celles à “ masse ”… Alors j’ai dû développer des outils. Je mets en jeu les artistes des choeurs en leur confiant une boîte de l’égo dramaturgiquement utile. Un kit pour construire leur personnage à leur guise dans un espace narratif commun. Pour croquer un personnage, le dessiner, ou le peindre dans ses moindres détails. Et réaliser ces différents exercices avec son corps, son imaginaire, sa voix et avec l’aide inestimable de ses partenaires de scène.

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