Sérail Hors-Série : je suis Blonde
Dans ce monde où nous vivons ensemble, la femme n’est ni plus ni moins qu’un objet.
Un objet de perfection, arrêté dans une jeunesse sans bourrelets, sans rides, mais sans acné non plus.
Un objet de désir dont les mensurations sont très précisément calibrées pour combler ce grand vide au coeur des hommes.
Ce genre de femmes, parfaites, le sultan Schariar en épousait une par jour. Puis il la faisait décapiter au petit-déjeuner, au matin de leur nuit de Noces. Cet homme, voyez-vous, avait surpris une fois son épouse en galante compagnie, et il l’avait fait executer derechef, sans autre forme de procès pour lui apprendre la politesse.
Mais la tête tranchée de son épouse infidèle n’avait pas suffit à combler le vide de son coeur. Son épouse était une femme, son épouse avait été infidèle, donc toutes les femmes étaient son épouse infidèle, alors il la décollait une aube après l’autre.
Maintenant, Ladies and Gentlemen, laissez-moi vous dire un secret : La Femme n’existe pas.
C’est décevant , n’est-ce pas.
Il n’y a que des femmes, qui ne sont pas autre chose que des… personnes, comme vous et moi. Plus ou moins. Vous voyez le tableau?
Revenons à notre Sultan : un jour, cet homme triste épousa Schéhérazaade. Pour sa nuit de Noces, elle fit venir sa soeur dans la chambre nuptiale. Je sais à quoi vous pensez… il y avait deux femmes dans la chambre du sultan. Et l’une commença à raconter une histoire… à l’aube, elle n’était pas terminée, alors le Sultan la laissa vivre encore une nuit, pour qu’elle raconte, et une autre pour la suite et encore, et encore…
Le Sultan n’avait pas épousé la femme qu’il croyait, il avait épousé une conteuse et pendant 1001 nuits, Schéhérazade le nourrit avec la chair de la langue. Et le sultan Schariar finit par admettre que sa première épouse aurait mérité mieux que le mari taiseux et brutal qu’il avait été, autrefois.
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