Un Bon Été / Tiers Livre / Sans Vous

Sur un plan de travail inoxydable de méticuleuse propreté, un gâteau. Île posée sur un miroir d’acier, condamnée comme l’Atlantide à n’être vue de personne. Ombre sépulcrale vaguement baignée par le souvenir de l’éclairage d’évacuation, loyal bateau-phare des cuisines de la cantine. Peut-être un baba. Vert-de-gris. Il s’envole en poussière. Dehors les guêpes sont grises également, rien qu’à l’odeur de l’alcool fermenté. Mais pas touche, leurs tailles sont encore trop pour le tout petit jour qui soulève légèrement la porte. Seule la poussière passe, se glisse et vole pour mêler son antique rhum au délire des chèvrefeuilles des pavillons endormis.

Avec la maudite maladresse d’Howard Carter, un jour ou l’autre, quelqu’un ouvrira la porte à deux battants et ne trouvera qu’un petit tas de poussière et l’odeur du tombeau d’un pharaon. Dans un siècle, quand la nuit polaire n’aura plus cours.

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