Écrivain fantôme de soi

Alice A #13

C’est par hasard que j’ai appris que le Professeur V. écrivait. Sans la révélation de Normand Lalonde, croisé au service d’Oncologie du CHUM ( 1 ), j’aurais continué à guetter ses rares publications médicales, qui me laissaient sur ma faim. Le Professeur V. était l’icône fantôme de ma jeunesse : il s’était intéressé de près à un cousin de mon père, un de ses cas cliniques les plus célèbres. Le dit cousin avait été persuadé jusqu’à sa mort qu’il avait eu un jumeau et que depuis le décès de ce dernier — qu’il datait à leur 52ème année — tout le monde le prenait pour son frère ( 2 ). Tout naturellement, ma famille eut recours au Professeur quand l’identité de grand-mère Alice flancha à l’annonce de la réapparition de mon grand frère Sacha. Cette période, le Professeur, sa thérapie peu orthodoxe et son relatif succès, sont autant de sujets tabous pour les miens. Pour ma part, je n’en ai qu’un souvenir nébuleux, sorte de long rêve à épisodes. C’est dans l’espoir de faire la lumière que j’ai épluché dès l’adolescence les publications médicales du Professeur, puis entrepris de suivre son parcours professionnel. En disciple.

Normand Lalonde, paix à ses cendres, avait très bien connu le Professeur — La Chenille, disons ça comme ça, puisque les avatars littéraires qui brouillent sa piste sont autant de variations sur ce surnom : Pilar Carter, Schöne Hilde, Yves Lejeune C. Laguenille… dans six ou sept langues européennes, indifféremment féminins et masculins — . C’est sous le nom de Walter Hesias que j’ai fini par trouver Alice A, petit volume portant sur la période des soins à ma grand-mère et à son premier petit-fils, paru chez Allia. C’est une forme de récit morcelé, polyphonique où il est difficile de faire la part de l’étude de cas, de la poésie et du théâtre. De surcroit, il est traversé de part en part des notes intimes de la Chenille sur sa mutation. En effet, c’est à la même période que les opérations et la médication relatives à son changement de sexe étaient les plus lourdes. Les effets secondaires du traitement nimbent les descriptions prosaïques de la thérapie de ronds de fumée concentriques.

Normand Lalonde, quant à lui, affirmait que La Chenille n’avait pas entièrement abdiqué de sa virilité et qu’un pénis en forme de crocus lui était resté… Ce qui ressort indubitablement des discussions que nous avons eues au CHUM, c’est que la Chenille écrivait, avait toujours écrit et écrirait probablement encore. Mais mettre la main sur ses écrits relevait d’un faisceau de compétences dont beaucoup, alors m’échappaient. On peut parler, au sujet de la Chenille, d’une littérature de l’instant, c’est-à-dire d’une forme mouvante, où le présent ( intime, professionnel, politique, poétique…) vient s’agglomérer à une structure de vieilles pierres au fondement archaïque. Pour le dire clairement : le cauchemar de l’éditeur. Les ennuis ont commencé quand Allia a voulu rééditer Alice A. La Chenille a alors exigé un tel appareil critique et de si nombreux aménagements du texte, que les pauvres ont bientôt renoncé à leur projet. Une autre de ses marottes étant l’Anthologie, l’ampleur des sources rendait la question des droits insoluble et aucun éditeur sensé ne voulait s’aventurer dans ce labyrinthe à fonds perdus. J’ai cru un moment que la rencontre avec les pionniers de la web-littérature avait été la réponse attendue par la Chenille. En suivant la piste des noms à consonance lépidoptérienne, j’ai pu retrouver quelques textes, notamment sur remue.net Cette nouvelle piste n’eut pas le succès que j’en escomptais. François Bon, consulté en sa qualité de précurseur de la littérature en ligne, me révéla que la Chenille, après une brève et intense implication dans ce domaine, avait repris à son compte l’aphorisme de Lalonde : « Maintenant que la Toile recouvre la Terre, voyons voir l’araignée. ».

Le coup de semonce que représentait la décision de Donald Trump d’interdire l’exercice de la médecine aux personnes transgenres, la régression évolutive des libertés individuelles en Occident et la suspicion grandissante à l’encontre des gens de Paroles et de Lettres, ont achevé de persuader la Chenille de la nécessité de sa disparition. Depuis plus de 10 ans, elle s’ingénie à gommer toute trace visible susceptible d’être utilisée à mauvais escient — notamment contre ses patients, ses amis et ceux et celles qui hébergent sa pratique —. Avec l’aide d’un stalker du dark web, j’ai pu mettre la main sur 21 saisons du Journal d’un mot ( Un mot par jour. Chaque jour. Un seul ) ainsi que sur un étrange guide de Randonnée Ultra-légère, Imago ( 3 ), qui ressemble à s’y méprendre à une version des 36 Stratagèmes à l’intention des pèlerins des années 2020. La Chenille écrit toujours. L’écart se creuse entre nous, ses déplacements sur la surface du globe semblent aléatoires, dictés seulement par l’intérêt des cas qui lui sont proposés par des voies de plus plus discrètes. J’ai au moins 3 ans de retard quand j’arrive par bonheur à mettre mes pieds dans ses pas. Cependant, depuis quelques temps, il m’arrive de trouver d’épais carnets de papier brun, écrits et dessinés dans les lieux où elle a demeuré — maisons à l’abandon, loin des villes le plus souvent… récemment pourtant une petite chambre dans un immeuble frappé d’alignement… — . Je les apprends par coeur, la vigilance est contagieuse. Ils sont peut-être encore où elle les avait laissés. Et moi, après elle.

R. DEWHITE

( 1 ) Centre Hospitalier Universitaire de Montréal ( 2 ) I and my brother. Mai 2001. Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry (3) À l’heure où je reprends ces lignes, vieilles déjà de deux lustres, il m’apparaît de plus en plus clairement qu’Imago n’est pas le nom d’un volume, mais du volume de l’entièreté des écrits de la Chenille. Intuition plus qu’hypothèse, cependant…

Alice in Wonderland, caterpillar

Alice A #12

Pas Chenille… La Chenille… oui, LA Chenille bien sûr … bien sûr que non… ce n’est pas son nom… enfin son vrai nom, parce qu’à force… depuis le temps… et plus encore depuis le… Couic !… enfin, ça parle plus que Claude ou Dominique… la Chenille… Il y a eu la drôle de spécialité en botanique après des études brillantes de neuro-chirurgie… Une lubie, encore une… tatour, on dit tatour chez moi, pour désigner semblables engouements…ses parents sont belges… ça n’explique pas tout non plus… oui, bon, il a fait une thèse de botanique… une de plus… pour ce que cela lui coûte, avec ses facilités… pas de quoi s’extasier non plus… mais la Chenille, ça venait d’avant… d’avant la botanique… on se connait depuis un bail… même si on se voit plus qu’à toutes les morts d’évêque… depuis son passage dans l’équipe de gymnastique du collège… dire si ça remonte… championnats et tout… pour quelqu’un qui détestait le sport… à part pour le travail, mais ça ne compte pas, se voir au travail, ce n’est pas vraiment se voir… en tous cas, la Chenille au travail, c’est quelqu’un d’autre…. beaucoup plus… prévisible… toujours un pas sur le recul… hésitant, tergiversant… déformation professionnelle… pas avec la botanique, la botanique, ça n’était qu’un moment… un moment de plus… pas une profession… pas question de se cantonner à ce genre de pratique d’herbier… on tient à être dans le vent… même qu’on se fait fort de conserver une pratique en cabinet deux jours par semaine… généraliste, encore… au tarif sécu… oui, c’est très généreux… enfin, la générosité aussi à son spectacle.. oui, des pauvres… ou des riches… je ne suis pas sa secrétaire… mais pendant ce temps, à la clinique… qui c’est qui se débrouille ?…Enfin à l’époque, très bien pour la gymnastique… avec un goût prononcé pour les accessoires… ruban, cerceau… et le troisième que j’oublie… ah, c’est un monde… de toutes façons, plutôt ruban… en fait, essentiellement ruban… un vrai talent pour le ruban, mais ce n’était pas ce qu’on lui demandait… alors le surnom, bon, la taille, bien sûr… son physique reste impressionnant, malgré tout… enfin quelque soit… avec des talons, aujourd’hui, ça frise les 2m de haut… d’ailleurs je ne vois pas pourquoi j’insiste avec ça… la Chenille, ce n’est pas que son surnom… ça ne vous aidera pas beaucoup à mieux cerner le personnage quand vous le rencontrerez… ah, oui, j’oublie toujours que vous connaissez la bête… C’est comme pour les quilles, voilà, les quilles… le troisième accessoire…l’oublie… les quilles à la vanille…  mais vous pensez, le ruban tout le monde s’en foutait dans l’équipe des gars au chocolat… enfin, c’est un peu facile… ce raccourci… couic ! … si on ne peut plus rire… Pardonnez-moi… c’est quelqu’un de bien… une sommité dans son domaine… un cerveau exceptionnel… fume trop, mais ça… des anglaises… des Craven A… A… A… A… on dirait que des A lui sortent de la bouche avec la fumée… vous saviez qu’on les appelait Black Cat à l’origine… Pas question de lui en toucher deux mots… la superstition voyez-vous… le mauvais oeil… c’est une autre de ses lubies… des ses tatours, oui… et puis maintenant on ne sait plus trop comment dire, alors la Chenille, c’est bien commode… en tous cas, on n’a toujours pas vu le papillon.

Mozart, Entführung, Sérail, Harem

Il faut sauver le soldat le Soldat Constance

Précédemment dans l’Enlèvement au Sérail*:
Konstanze ( A ), Blonde (GB) et Pedrillo ( E ) ont été enlevé.e.s par des pirates. Le Pacha Selim les a racheté.e.s au marché aux esclaves,  et les retient dans son Sérail ( oui, même Pédrillo ). Belmonte ( ES ), qui aime Konstanze, s’est donné pour mission de les libérer, de les enlever au sérail, donc.

Il n’est pas très original qu’un jeune premier enlève sa bien-aimée de la maison paternelle ou beau-paternelle, pour la sauver d’un mariage odieux, c’est-à-dire avec un autre que lui. C’est même le fond de commerce de la Comedia dell Arte et l’inusable trame du Barbier de Séville à Monsieur Choufleuri, en passant par Mitridate et le Mariage Secret.
L’Enlèvement au Sérail, du seul fait qu’il se passe dans un Sérail a des airs d’en promettre plus : de l’aventure, de l’exotisme, du danger, de la passion… sans pouvoir plus se départir cependant d’un côté légèrement suranné évoquant tout à la fois les films des années 30, la nostalgie de la Rose Pourpre du Caire et la publicité des infusions Saveurs du soir de mon enfance.
Le Sérail n’est pas le Djihad, la Mecque, l’Islam, une grotte en Afghanistan, le Sérail ne se laisse pas faire, il se cramponne à sa destination première : faire fantasmer gentiment les occidentaux sur un parfum de 1001 Nuits.
La réalité historique et sociale du Harem, son synonyme, n’intéresse ni Mozart, ni Stéphanie et il faudra attendre le film d’Arthur Joffé – Harem – pour que la réalité du lieu rencontre la fiction sans prendre des allures voilées de Shéhérazade. Cette brume érotico-exotique et le sujet qu’elle pare : la constance. Voilà, je crois, ce qui intéresse Mozart, puisqu’il n’aura de cesse de le remettre sur le tapis de chacun de ses opéras.
Une seule personne viendra-t-elle assister à l’opéra en jouet d’un suspens intense : le succès ou l’échec de la rescue mission des otages Konstanze, Blonde et Pedrillo ? À l’heure d’Argo et de Homeland, j’en doute. Pas un instant la musique de Mozart ne peut nous induire en terreur. L’Enlèvement au Sérail n’est pas un opéra d’action, comme on parle aujourd’hui d’un film d’action. Ce n’est pas une question d’époque : on peut voir encore aujourd’hui des spectateurs ronger leurs ongles en assistants à certaines pièces de Shakespeare, de Molière et la lecture des Liaisons Dangereuses une fois commencée, ne souffre pas de répit.
Pourtant, il y a bel et bien un suspens. Il ne concerne pas le timing de l’opération d’évacuation des civil.e.s, ni ses modalités pas franchement mirobolantes ( On attend la nuit, on pose une échelle contre un mur, après avoir saoulé un gardien porté sur la bouteille ). Le suspens de l’Enlèvement au sérail, n’a besoin ni d’enlèvement, ni de sérail. C’est celui de la constance du sentiment amoureux, ou plutôt de l’objet qui incarne ce sentiment. Les trois-quarts de la durée de l’opéra sont consacrés à répondre à cette question épineuse : l’amour a-t-il survécu ? Selon les personnages, il ne court pas les mêmes risques. Pour les sérieux ( Konstanze et Belmonte ) le danger réside dans la séparation, le temps écoulé et surtout dans la mise en présence d’un nouvel amoureux, fort différent, et séduisant, d’abord par sa nouveauté même, et par son humanité prouvée chaque jour : le Pacha Sélim.
Pour les bouffes ( Blonde et Pedrillo ) qui n’ont pas été séparés, c’est plutôt l’ennui qui est le diable : Osmin, le gardien, ne représentant pas un rival crédible, mais seulement l’occasion pour Blonde d’affuter encore ses armes.

Il y a dans l’Enlèvement au Sérail deux moments de vérités qui ne sont pas non plus les fruits d’un timing à la seconde près.
Ils sont pourtant question de vie ou de mort, telles que nous en connaissons au fil de notre existence, quand une certaine vie peut continuer ou laisser la place à une autre, et mourir.
Le premier est inscrit dans le grand quatuor qui conclue le deuxième Acte, où les deux couples d’amoureux se retrouvent. Au lieu de mettre au point une stratégie efficace pour quitter la place, d’inventer un stratagème pour berner le Pacha Selim, de régler leurs montres sur la même heure et de vérifier leur capacité à retenir leur respiration sous l’eau plus de deux minutes, ils vont se demander si tout le monde souhaite vraiment être du voyage. Comme le sauveur n’est pas Rambo, mais un homme très impliqué sentimentalement avec la jeune femme qu’il souhaite exfiltrer, ce moment de vérité va être assez maladroit et coûteux. Konstanze et Blonde, qui sont demeurées fidèles, vont s’offusquer de la question qui leur est faite. Elle est pourtant indispensable à cette croisée des chemins où l’effort de la fidélité pourrait se confondre avec l’amour, la vertu avec la dette, l’amertume avec le devoir… Y a-t-il plus grand quitte ou double que celui de l’honnêteté de nos coeurs ? Le suspens par excellence ne nous attend-il pas chaque jour dans notre miroir ?
Le deuxième moment de vérité de l’ouvrage, appartient au Pacha Sélim. C’est le moment de la clémence ou de la punition quand les fuyards sont rattrapés. Là encore, un choix de vie, une bifurcation. Cet instant où tout notre être est convoqué, avec son passé, ses rêves, ses croyances, sa droiture pour vivre l’instant présent. Et choisir son avenir, bien plus que celui de ses potentielles victimes.  Il n’est pas anodin qu’au jeune premier ténor, on oppose un acteur, qui ne chante pas, qui n’use pas des armes habituelles de la séduction à l’opéra. Rappelons pour la forme que Konstanze, Blonde et Pedrillo ont déjà été sauvé.e.s par… lui. On ne voit qu’en creux les viols, tortures, violences en tous genres par lesquelles ces trois personnages seraient probablement passés sans l’intervention de Selim. Mais voilà le moment où la patience est comble, l’ingratitude la plus saignante. Selim qui a bien peu parlé jusque là, bien peu pour un acteur dont le rôle est si important, va dire son histoire. Et s’en libérer. La porte qui s’ouvre est ouverte pour tous, captifs et gardiens. Libre  à Osmin de rester prisonnier de la prison vide.  D’ailleurs il n’y a plus de porte, plus de sérail et tout peut commencer pour Selim.

*SERAIL :
A –  [Dans l'ancien empire ottoman] Palais du sultan et de quelques hauts dignitaires. La pointe du sérail s’avance comme un promontoire ou comme un cap aplati entre ces trois mers, en face de l’Asie: (…) − c’est un triangle dont la base est le palais ou le sérail lui-même, dont la pointe plonge dans la mer, dont le côté le plus étendu donne sur le port intérieur ou canal de Constantinople (Lamart.,Voy. Orient, t. 2,1835,p. 377.).
B. − P. méton.
1.
a) Harem, partie du palais où sont les femmes. Vie de sérail;  eunuques du sérail. Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes? (Hugo, Orient., 1829, p. 84).
b) P. méton. Ensemble des femmes du harem. [Louise à Renée] Comment, bientôt mariée! (…) j’aimerais mieux aller me promener aux îles d’Hyères en caïque, jusqu’à ce qu’un corsaire algérien m’enlevât et me vendît au grand seigneur; je deviendrais sultane, puis quelque jour validé, je mettrais le sérail c’en [sic] dessus dessous (Balzac, Mém. jeunes mariées, 1842, p. 188).

Alice in wonderland White Rabbit

Alice A #11

par quelque bout qu’on s’en saisisse la vue d’ensemble nous échappe, parce qu’on ne sait pas quand cela a commencé , vu d’ici, vu d’aujourd’hui on dira : “ Le jour où elle a essayé trois fois sa robe bleue en me demandant laquelle je préférais ”, mais les jumeaux, eux, soutiennent contre vents et marées que c’est le lapin qui était le début de la fin, — rhooo, mais de quel lapin parlent-t-ils ces deux vieux croulants ( Statler et Waldorf du laissé pour compte, du dévissé dans la Creuse, du siamois en litière sale ), ça bien malin qui peut le dire : du lapin il y en avait toujours au moins une fois par semaine au menu, et ça, je ne l’invente pas, toutes les rosières du quartier en parlent encore de la terrine blanche au lapin, enfin celles qui sont encore vivantes parce que le temps passe et ça c’est pas de la fiction  — , bien sûr le toubib les trouvent complètement dingos tous les deux, la Sommité médicale ce sont les signes qui l’intéresse, les signes, — pfff — ,  c’est tout de même drôle de faire d’aussi longues études pour finalement lire des signes, comme un oracle antique, dans le ciel en papier peint de ses petites manies fatigantes, de ses fourbies de vieille, de gonzesse, n’importe qui laisserait pisser le mérinos, mais l’Académie transforme toutes ses bricoles en symptômes tout en tapotant comme une folle, c’est bien gentil tout ça, mais un peu court de vue : à quoi bon vivre plus de soixante années si c’est pour être réduite aux cinq dernières, au moindre problème — ouais, bonjour le calcul des retraites à ce tarif-là —, elle a acheté quatorze fois des petits pois, bon, la même semaine, mais personne n’a l’air trop concerné par son premier prix de lecture à l’école primaire Sainte Lucie de Mers-les-bains, où la maîtresse lui avait donné un best seller de pédophile avec les félicitations du corps enseignant, il n’est pas caché, il est rangé sous des piles de vieux pulls qui grattent truffés d’antimites dans le grenier  ( les médecins, avec une spécialité ethnologie-détective, ça serait tout de même autre chose : ils passeraient trois mois dans l’habitat du patient et ensuite seulement, ils seraient autorisés à poser des questions et à interpréter des signes  ), c’est peut-être bien là que ça a commencé — cela a déjà toujours commencé — ou même avant, elle serait tombée dans un trou — aaaaaaaahhhhhhh — , reçu un coup sur la cafetière — ding dông — alors qu’elle prenait un thé chez des gens louches et après des années d’amnésie — toc — ça lui revenait, par exemple
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