FrançoisBon, emmanuelle Cordoliani, Sanglier

Un Bon Été / Tiers Livre / Répéter

Le cochon tourne ! Fiers comme s’ils l’avaient mise sur orbite, les hommes au-dessus des braises finiraient plus cuits que la bête. Ils se rengorgeaient de l’avoir dégradée de sa sauvagerie à l’instant de l’embrocher, lui ôtant jusqu’à son nom. Bientôt pourtant dans leurs yeux, brûlant leurs visages d’argile vernie, on apercevra la lueur du sanglier.
La graisse chaude tartine les joues des enfants les plus chanceux, pour une fois, ceux qui ont eu leur morceau entre deux tranches de gros pain rude, avec sa croute en éperon de requin qui laisse de grandes éraflures au palais et dans l’intérieur des joues, et épuise la faim rien qu’en fatigant les mâchoires. Les autres, les petites endimanchées qui se pavanaient une heure plus tôt dans leur robes de Princesse Synthétique, corollant la grande rue exceptionnellement piétonne d’un jardin de fleurs imaginaires anglaises ou chinoises, et les Petites Cotons, ce gentil troupeau de dentelles dont les trou-trous ne s’écartaient pas de la chienne garde d’une demoiselle rassise mutualisée pour l’occasion par les familles bien, les Petites Cotons qui savent dès le plus jeune âge tourner les yeux sans bouger leurs paupières et dont un seul regard touché-coulé vaut une image, toute cette pastorale de petites filles dont certaines chaussent déjà du 41 font les bêcheuses à présent, assises en rang d’oignons pensionnat sous la bâche où, pour être protégées de l’ombre, elles ne sont pas pour autant à l’abri de la chaleur écrasante qui auréole d’humanité leurs aisselles et le bas de leur dos, rosant délicieusement la percale blanche de leur tenue. Elle s’y donnent malgré tout des leçons de bonnes manières, tandis que leurs couverts en plastique se battent en duel avec cette chair sauvage qui en appelle aux mains et aux dents de toute sa force, dont on sent poindre aux tréfonds les griffes et les crocs. Pour ne pas tacheter leur joliesse impeccable d’un éclat du bain graisseux qui amollit le carton des assiettes, elles déploient des trésors de concentration qui plissent leurs fronts tendres en délicates barres parallèles, ou laissent entrevoir, plus rarement, une lionne encore à venir. Elles ont déjà bien conscience de ce que cet exercice réclame à être exécuté avec le plus grand naturel, dont elles s’efforcent de donner un signe, de loin en loin, entre deux passes périlleuses. Il y aura toujours parmi elles quelques garçonnets malingres, timorés ou punis, qui n’ont pas eu la permission de manger debout, avec les hommes et le tout-venant. Que leurs lèvres se retrousse avec dédain, que leurs visages se renfrognent n’y change rien : la viande leur est amère, quand bien même pour une fois elle n’est pas accompagnée de légumes bons pour la santé.
Cette amertume, c’était la revanche des gamines mal fagotées, des fratries Lavoisier rien-ne-se-perd-rien-ne-se-crée-tout-se-transforme où le pantalon de l’aîné finissait immanquablement en short sur le petit dernier, la revanche des zéros pointés en dictée de mots usuels et pourtant toujours exotiques à écrire, des humiliations au tableau de math de ceux qui en avaient toujours moins que les autres et qui ne sauraient jamais couper un gâteau en 7 sans laisser leur part, des ballons de foot recousus comme des poilus de 14 et de la bicyclette à tour de rôle. Alors, ils s’essuyaient, bravaches, la graisse du menton et le soleil du front avec l’avant-bras nu, un regard de défi vers la tablée des bons enfants qui suintaient d’envie sous son petit dais, mais de part et d’autre la lueur du sanglier faisait briller les yeux.
Le soir, il avait bal et des réconciliations épisodiques prenaient la piste, tandis que d’autres se réglaient leur compte à deux pas de là, couverts par les flonflons et le bienveillant grommellement des grandes personnes entre deux verres de blanc limé : qu’en ce jour du Sanglier c’était “ la vie qui rentrait ”. Ceux qui avaient rôti la Bête étaient accueillis avec des applaudissement, des cris et bientôt des grognements. Ça dansait toute la nuit et à force de mélanger les sueurs, l’alcool, les eaux de Cologne et les parfums humides de la nuit, la hure et les poils venaient à tous et à toutes. Quant aux marcassins, on les avaient envoyé au lit dès l’apparition des signe avant-coureurs de la métamorphose, sous la conduite de celle qui depuis de trop longues années savait résister à ce genre de sortilèges. Parfois deux bestioles prétendaient avoir réussi à échapper à ce couvre-feu indigne des forêts et rapportaient dès le lendemain, en rançonnant des goûters, les récits les plus extravagants de ce qu’ils avaient pu apercevoir, depuis leur cachette, de la suite de ces étranges danses. Ça leur valait une popularité de plusieurs mois, bien que personne, sauf les petits mais ça ne compte pas, ne crut jamais à la moindre de leur fariboles.
Mais ce n’est jamais là que ça s’est passé. La rôtisserie, le bal, les petites rivalités, les adultères à peine déguisés… Le Comité des Fêtes peut toujours prendre un DJ pour faire mode, au lieu d’un orchestre avec une chanteuse qui imite les voix de toutes les chanteuses à la mode et met étrangement mal à l’aise quand elle reprend à l’infection près des tubes d’hommes. La Municipalité peut bien supprimer la broche pour raisons de sécurité et même remplacer le sanglier par un très gros cochon, parce que tout ça, c’est symbolique… La sempiternelle bénédiction de l’animal avant la broche par le curé donne encore la mesure des forces en présence…
La pleine lune qui précède la fête, on guette les bruits de la forêt. Sur le sentier d’habitude de la bête, on a creusé un grand trou profond, fallacieusement obstrué par une bâche recouverte de feuilles mortes et d’un peu de terre. On n’y voit que du feu, en fait, on n’y voit pas grand’ chose sous les branches basses même à la lune pleine. Le temps reste à l’arrêt sur une patte, l’oreille dressé, mais pas les bruits de la forêts ni la lumières de la lune qui fait des tâches d’après-midi sur le sentier. On s’ankylose, on s’assoupit, on sent la boue dont il a fallu s’enduire pour avoir le droit d’accompagner, avec la promesse solennelle de ne rien dire, de ne rien raconter, ni aujourd’hui ni jamais. On croit voir, on croit entendre. Le temps a une crampe, on oublie les douleurs, les moustiques, tout ce qui grouille. Le sanglier, après, il n’aura plus jamais le même goût. Ni la nuit. Ni rien. On t’a promis. On attend on ne sait pas combien de temps. Le temps est en pierre… Enfin, les voix des hommes, les cris des rabatteurs, les grosses bouches difformes qui ne hurlent aucun mot reconnu, les bois de cerfs à leurs têtes, les bâtons et les torches. Ça respire fort la vie très intense le sanglier un cri en tombant ça balafre les oreilles finit par un coup sourd tremble la forêt volent les oiseaux de jour de nuit tous réveillés. Si tu as de la chance, ça s’arrête là. Couic mal tombée la bête. Sinon, il faut la finir, la lapider d’en haut, la percer avec les longs bâtons, tandis qu’elle crie, crie, crie dans son trou comme ça n’est pas permis jusqu’à la fin.
Le sanglier, après, il n’a plus jamais le même goût. Ni la nuit. Ni rien.
Mais la bête revient l’année d’après. Et nous de même.

Une certaine dose de poésie, ciels, skis

Un Bon Été / Ricochets /Des ciels

Magnolias prodigues !
Fleurs reflet-nuage des fleurs
Ciel bleu désœuvré

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Roses immobiles
Oiseaux de porcelaine tendre
Dans le ciel de cire

*
Motif sur soie ciel
Élégant éventail de deuil
Au bleu des mariages

*
Une feuille rouge
Vie-mort-vie entre ciel et sol
Non pas une, mais mille

*
Au ciel sans nuage
Le retour d’un Long Courrier
Sa trace de neige

*
Un gros soleil mou
Motte de beurre doux et rance
L’été a tourné

*
Bourgeons sur bleu ciel
Avant, après moi : le printemps
Tendre lignée verte

*
Un poisson d’art Jean
Ventre ouvert sur le ciel lavé
Nouvel pêche au gros

*
Novembre a gagné
Le courage a un son de moufle
Le soleil humide

*
Ciel d’avant le bleu
Écran de lune iridescent
Séance ajournée

*
Lait caillé de l’aube
Odeur incongrue de l’air frais
Vermeer d’extérieur

*
Sourcil de la lune
Un avion blanc dans le ciel rose
Oblique perplexe

*
Un volume rouge
Apprendre par coeur l’un et l’autre
Un lourd ciel d’ardoise

*
Comme il fait beau voir
La lumière des astres morts
C’est nous qu’elles veillent

*

Carl Kleiner, François Bon, Emmanuelle Cordoliani

Un Bon Été / Tiers Livre / Rencontrer

Convoquer une attention flottante. Réunir les conditions nécessaires au miracle, sans se montrer trop regardant. Poser le regard sur ce qui s’offre spontanément, le premier nom mentionné par le premier venu, plateau d’argent du tout venant. Commencer quelque part — la toute petite main fouille à l’aveuglette la travailleuse d’Alice, toujours ouverte, attrape un fil de laine et tire… tire doucement en reculant vers la porte. La pelote framboise ne permet pas de dépasser le fauteuil à oreilles, mais sous son coussin lustré par les siestes du chat, une fois, il y a eu une pièce de 5 francs. La pelote turquoise est suffisante pour relier le pied de la travailleuse à la poignée de la porte du salon et rêver à un téléphérique qu’on recevrait en cadeau pour Noël ou qu’on bricolerait avec une petite boîte de carton gris et de l’aluminium, si on en avait, jusqu’à ce que quelqu’un ouvre la porte et patatras la cabine et tous les skieurs dans le lac du barrage de Tignes, où ils reprennent leurs activités habituelles dans le village englouti comme si de rien n’était … sauf si quelqu’un se prend les pieds dans le fil mou qui traîne par terre et crie mon nom très fort, un jour on finira par provoquer un accident —. Traîner dans l’ancienne Corderie qui donne sur la maison du Docteur Ledoux. Faire mine de s’intéresser à la réhabilitation des lieux patrimoniaux en espaces culturels et artisanaux et une fois le sujet est épuisé, gagner du temps en passant aux objets qui y sont exposés. Les ombres de la glycine monstre du jardin muré du docteur émaillent la longue fixité des poteries bleues, disposées sur la nappe immaculée pour un goûter toujours remis, de touches infiniment précises ou soudain floues, racontant le ciel, invisible de là, et le jeu inépuisable des nuages. Guetter en vain une sortie. Comprendre, trop tard, après l’achat d’un très beau plat et de deux tasses profondes, qu’il est trop tard, trop tard pour les vieux tôt levés. Changer d’approche. Faire encore moins. Se laisser offrir une rencontre de hasard à sens unique dans le seul Café-Presse d’importance dès le lendemain matin à la fraîche. Lever machinalement la tête de ce carnet en entendant Bonjour Docteur, fuser du comptoir. Croiser les myosotis d’un regard un peu las, dans un grand dégingandé tout blanc de cheveux, de teint et d’habit. Sentir le coeur s’emballer, comme on sent la chair fraîche, la belle chair rouge qui fait venir la salive. Respirer longuement par le nez. Cesser d’écrire. Observer le profil d’oiseau, sa lecture du journal entrecoupée de soupirs d’exaspération et de pitié dignes du Créateur. Détailler le respect à l’ancienne des messieurs-dames qui font un détour pour le saluer à sa table et lui donner encore et encore du Docteur, pour bien lui faire sentir que sa retraite n’y changera rien s’il reste dans la trace de sa tournée ordinaire. Aller le trouver directement, faire jouer la confrérie, une recommandation bidon, une histoire d’implantation sur le territoire, un projet de recherche sur les itinérances des parasomnies… toutes les fariboles se dissolvent dans le gentil bleu de ses yeux quand il se retourne pour demander la même chose à Paul, qu’il tutoie puisqu’il lui a probablement tenu la main quand il faisait le tour complet des maladies infantiles. Attendre plutôt la fin du Monde et du croissant, me lever sans hâte pour suivre d’assez loin la silhouette liliale à travers sa ville blanche, tandis qu’elle observe avec amusement les trouvailles d’ennui des enfants en vacances, les groupes de touristes déjà échauffés au point de rencontre, en répondant inlassablement, d’une main à son panama assagi, aux nombreux Bonjour Docteur de cette routine matinale, ( pari pris à la seconde où il est apparu au café que c’en est une ). Frémir à la promesse d’un étrange régime alimentaire en le couvant de l’oeil d’étal en étal sous la grande halle. Découvrir , enfin, en le raccompagnant de loin, la présence d’une deuxième entrée à sa demeure. Rêver un grand moment, devant la porte sur lui close, au service de grès bleu que m’aurait valu mon obstination à l’ancienne Corderie — La pelote de laine grise se déroule pour faire tout le tour de l’appartement enroulé autour de la cour. Solidement attachée à la travailleuse sur pattes, la laine passe dans les gonds de chaque porte et trace une ligne de  crayon bien nette en travers des pièces qu’elle coupe en diagonale… Alice rentrée du marché avec ses poissons dentus a buté contre ce fil qui lui barrait la poitrine, entrainant la chute irréversible du puissant vase bleu qu’elle avait toujours vu , toujours connu, et la sienne, au ralenti, une seconde plus tard, déséquilibre de désarroi. Les blessures au crânes sont toujours spectaculaires et impressionnantes, parce qu’elles saignent beaucoup, ce n’est pas grave, petit gnou, va prévenir le voisin, ce n’est rien… — 

François Bon, Tiers Livre, Emmanuelle Cordoliani, Arrivée, gare

Un Bon Été / Tiers Livre /Arriver

Quand elle sort du train, personne n’est là pour l’emmener à destination. Elle se dit qu’on l’aura oublier, qu’il y aura eu un empêchement, qu’elle pourrait attendre une heure et repartir dans l’autre sens, rentrer chez elle, ne plus jamais être disponible pour ce qu’on lui propose de faire ici. Enfant, quand ça devenait trop pénible, elle répétait doucement :  ”…  ça n’existe pas, ce n’est pas en train d’arriver, c’est une illusion ”. Avec le temps, elle a raffiné le dispositif, et d’innombrables paramètres flottent dans l’air confiné de la salle d’attente, comme des petits oiseaux jaunes autour de sa tête. Une inondation entraînant la fermeture du lycée, un accident de voiture et de sanglier – rien de trop grave – ou une délicieuse étourderie – on n’avait pas dit jeudi ? -, un élève diagnostiqué tuberculeux – et la vie du lycée, de ces classes entières qu’il faudra  recréer dans l’enclos étroit de l’hôpital pendant des semaines… -. Elle prend un petit carnet : chaque élève, professeur, membre de l’administration ayant été en contact direct avec le petit ( comment l’appeler ? Prendre un nom déjà existant ? Gaspard Winckler ? Un nom avec des initiales symboliques ? Tu perds ton temps avec ça …)  en contact direct avec le petit … gnou ( ! ) au cours des dix derniers jours est prié de se présenter sans délai à l’Hôpital ( là aussi il faudrait un nom… ) afin d’être examiné. Potentiellement contagieux pendant 3 mois, même en cours de traitement, une étrange bouffée d’air hors les murs de l’école… Elle sort sur le parvis. Elle cherche un café pour écrire au café. La voiture de la bibliothécaire pile avec une quinte de toux au milieu du parking. Elle n’a qu’un tout petit sac, qu’elle gardera avec elle sur le siège passager, merci. 

Le sanatorium, il en est sûr, il a lu le carnet. La bibliothécaire aussi. Si elle encore vivante, en dernier recours, il pourra la contacter. Mais le reste n’est que littérature. En descendant du train, il a préféré contourner le bâtiment directement, plutôt que de traverser ce petit hall essoufflé, qui attend le coup de grâce de la prochaine rénovation. Nous ne savons plus vieillir. Saurai-je ? La plaque, elle ne l’a jamais mentionnée. C’est un détail. Un détail en marbre rose : “ En présence du Président François Mitterrand, la nouvelle gare à été inaugurée le…” . Il n’y a pas si longtemps. Pas si longtemps qu’il était enfant. Pas si longtemps jusqu’à sa mort. “ La rénovation a coûté 18 millions de Francs mais celle-ci était nécessaire car la gare n’assumait plus son rôle ”.

Traversée au pas de charge, la ville, de la gare à l’hôtel convenu, n’a laissé qu’un souvenir. Deux maisons fausses jumelles, pâté à elles seules, dans un jardin rachitique et publique — ceci explique cela ? —. La gare, pourquoi s’y attarder, est semblable à ses cousines de province qu’on voit à chaque mort d’évêque : semblable. Cette frénésie de carton-pâtes qui s’est emparé des consciences intercommunales pour homogénéiser les départs et les arrivées, réduisant à néant l’effort de partir et celui – combien plus coûteux – de revenir, à grands coups de ravalement de façades, voire d’apposition sur l’existant d’un logo-placo, parachevant, à l’extérieur, la consternante colonisation de la poésie du voyage par les Relais H, qui ont depuis longtemps réussi à l’intérieur le tour de force de transformer tout ce qu’ils touchent en produits équivalents ( bonbons caramel chocolat et paroles, paroles )… Bref, tu reviens à la gare, finalement, après deux jours de chasses vaines dans ce petit trou de verdure et de zones. La salle d’attente est climatisée. Entre un routard salement endormi et une flopée de petits enfants noirs s’égayant sous la présence tutélaire d’une antique déesse de la canicule, tu réfléchis. Elle avait dû mentionner ce bout du monde. C’était le plus improbable. Le moins romantique. Ça n’a pas d’importance. Tu réfléchis. Il est arrivé en fin de journée. Il s’est assis sur ce petit banc appuyé au côté de la gare. Aujourd’hui l’herbe craque sous la dent. Mais alors ? Peut-être le chef de gare aimait-il les roses ? Ça n’a pas d’importance. Il est peut-être arrivé en pleine journée, avec un groupe de touristes qu’il aura suivi négligemment jusqu’à un minibus pour découvrir la région. Mais pour aller où ? Les larmes te montent aux yeux. Un des enfants, un petit garçon en bermuda framboise, planté devant toi, serre ses lèvres avec une moue pleine de compassion. Le tableau des prochains départs te laisse encore deux heures pour te décider. Foutu pour foutu, tu vas acheter un café à la machine du Relais H. Bermuda framboise t’accompagne. Quand tu lui demandes, exaspéré, s’il veut une friandise, il répond très poliment : Non, merci monsieur. Plutôt un Twix.

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