Kintsugi Sérail Sérail Cordoliani

Sérail Hors-série / L’or de la porte basse

Qui entrait au Sérail par la porte basse, Selim le couvrait de son or. L’éclat de bienveillance fatale qui dansait dans le flacon scellé de ses yeux, rayonnait d’or pur. En un éclair vous saviez que vous étiez, enfin, arrivé. La certitude de ne plus jamais vouloir repartir vous ceignait la taille d’un collier d’or sans fermoir, ou le doigt d’un anneau précieux qui ne se pouvait plus retirer, ou l’oreille d’une boucle infinie. Ce bijou, qu’il vous attribuait, si fin soit-il, vous couvrait d’or des pieds à la tête. Enfin, il posait sa main sur vous, sa main d’or souple et chaud, et toutes les noces, toutes les bénédictions fondaient ensemble sur votre âme.

Personne, cette règle a déjà été ici évoquée et transgressée, personne n’entrait jamais dans la chambre de Selim, que la Soigneuse et très rarement Osmin. Le Pacha préférait recevoir, une fois le cabaret fermé, dans les coussins encore marqués des corps lourds et éprouvés des invités, qui tremblaient de froid et d’épuisement, robes malmenées, smokings chiffonnés sur le trottoir, dans cette heure d’avant l’aube en attendant que leurs chauffeurs, qui dormaient d’un bienheureux sommeil artificiel, viennent les tirer de ce mauvais pas de trop, de ce mauvais calcul qu’avait fait leur orgueil en s’aventurant au Sérail par la porte haute.

L’or est tendre, malléable, compréhensif, il garde la mémoire des larmes et des rires et la plupart des bijoux dont nous soulagions les clients devaient être refondus, tant ils suintaient la misère et la méchanceté.

On racontait dans les murmures du Sérail, une histoire d’or que je raconte à mon tour sans avoir la moindre preuve de sa véracité, mais qui me trouble encore aujourd’hui. Il se disait qu’Osmin avait à plusieurs reprises — qui se comptaient sur les doigts d’une main de voleur –, conduit jusqu’à Selim l’un ou l’une d’entre nous dans le cabaret désert. Il convenait de se dévêtir entièrement, ne conservant que l’or qui ne pouvait plus se retirer. Alors d’un coffre que personne n’a jamais vu, Selim sortait tout l’or de ce monde, le réchauffait dans ses mains et vous en couvrait, jusqu’à ce qu’il ne reste au fond du coffre qu’une minuscule clé de vil métal. Ensuite… ensuite, il ne se passait rien. Mais toute la perplexité du monde, emplissait les yeux du Pacha, jusqu’à étouffer complètement leur étincelle d’or. Cela pouvait durer des heures. Il est dit qu’une fois Selim aurait soupiré si fort que les colliers et les bagues avaient tremblé sur le corps qui les supportait, resserrant autour de lui leur étreinte d’angoisse. Mais il se raconte également qu’il pouvait parfois rire très doucement, chantant pour lui seul une chanson ancienne et qu’en une seconde l’éclat d’or envahissait son oeil jusqu’à devenir un fruit jaune du jardin des merveilles. La chaleur de l’été vibrait alors dans les bijoux et l’enfance du soleil inondait le corps qui les supportait.

Osmin, même nu, dans les bains de vapeurs, ne laissait voir aucun or qui ne se puisse retirer. Il ne souriait jamais. Il gardait jalousement au fond de sa bouche les énormes dents de sagesse que Selim lui avait offertes.
L’or, si tu en as besoin, il est toujours avec toi.
Je n’ai besoin de rien, Pacha, je suis toujours avec toi.

Quand à sa plus grande surprise l’un ou l’une d’entre nous arrivait à vouloir quitter le Sérail, Selim lui retirait le bijou. Simplement.
Tu reprends ta liberté, je garde ta captivité.
Mais la nuit, bien loin du Sérail, on pouvait encore boire à grands traits le vin de lune de ses yeux d’or. Et le tatouage invisible de sa main nous protégeait du froid et de la peur.

Stuttgart Emmanuelle Cordoliani Écoles HMDK CNSMDP

Écoles / De l’inefficacité ( encore )

30mn chrono par étudiant.e.s : la durée des leçons m’a tuée [1] . Ou plutôt non, seulement blessée. Laissez-moi là, avec un revolver et une bouteille de whisky, la nuit va tomber, vous n’avez pas de temps à perdre. D’ailleurs, je dois rester jusqu’à la fin de la semaine pour savoir ce que c’est que cet échange Erasmus, hors son nom.
Le chronomètre qui s’affole donne l’illusion qu’il faut agir vite et beaucoup, régler les scènes, mettre en ordre ces immenses pièces de répertoire… On met la poussière sous le tapis, on fait des piles de tout ce qui nous dérange… Surtout on présuppose avec aplomb l’apparence finale de cette pièce. Ce qui évacue une bonne fois pour toutes la variable catastrophique et merveilleuse de l’élève en face de moi.
Je ne fais plus ça. Je ne sais pas quand j’ai arrêter de faire ça, mais ici, ce matin, je me suis souvenue que j’avais arrêté un jour. La tentation de recommencer a tiré comme une vieille cicatrice. Depuis, la question me taraude : quand est-ce que j’ai arrêté de régler des scènes, comme on remonte des mécanismes ? Quand est-ce que j’ai arrêté de savoir d’avance ? Ou pour le dire autrement : quand ai-je commencé à travailler ? — Si quelqu’un lit ces notes, c’est un appel à témoins —.
Donc, aujourd’hui encore, pas de grand ménage de printemps, ni Carmen qui lave plus blanc, ni Louise proprette. Les pièces encombrées de préjugés, de confusion, d’à peu près, de certitudes, de désintérêt, d’inertie… je les ai laissées telles quelles. Dans le peu de temps qui nous était imparti, je me suis contentée — parfois à l’issue de 28 minutes de réflexion — d’ouvrir une fenêtre, ou de déplacer une chaise, de dépoussiérer un tout petit bibelot, ou encore de montrer un outil très ancien et très simple que j’avais avec moi et qui serait fort utile pour faire quelque chose dans cette pièce, une autre fois.

[1] En échange ERASMUS pour une semaine à la Staatliche Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Stuttgart, tandis que ma collègue Kornelia Repschläger donne cours au CNSMDP.

Alexey Menschikov Emmanuelle Cordoliani Faust

Écoles / Marguerite au jardin

Aujourd’hui une étudiante m’a apporté l’air des Bijoux [1] du Faust de Gounod. Elle m’a expliqué que Marguerite était une fille un peu bête qui aimait bien les trucs brillants. J’ai pensé : comme une pie, mais je me suis abstenue de l’interrompre. Une fille, tu vois, superficielle, qui aime bien la mode et se regarder dans le miroir.
Comment pourrait-il en être autrement ? Cette étudiante n’est pas sans innocence, mais elle n’a pas grandi dans le jardin de Marguerite, mais comme bien d’autres jeunes personnes des années de télévisions lui ont truffé la tête de stéréotypes visant essentiellement à provoquer des désirs violents pour des choses qui s’achètent, en apparence avec une carte bleue, et en réalité au prix de son âme. Au moins un point commun avec Faust, et c’est un début de travail.
Il faut également admettre que la Castafiore de Hergé a fait à cet air des Bijoux une publicité qui le voue au mépris de ses interprètes, spontanément plus portées vers Tintin que vers Goethe. La vieille et replète Castafiore chantant un air de jeune fille, la plupart du temps en récital, c’est à dire hors-contexte, a fait de cet air un manifeste pour l’Opéra désuet, ridicule, bourgeois… J’ai parfois l’impression qu’une bonne partie des lecteurs et des lectrices de Tintin ont oublié qu’il s’agissait là d’une caricature, d’une satyre. Elle porte une critique nécessaire du milieu de l’Opéra, de l’interprétation hors sol qui s’y déroule, encore, souvent, trop souvent. On chante un air en récital, parce qu’il est beau. On finit par attendre ça aussi des costumes, des décors : de la beauté. Indépendamment du sens. C’est à dire avec un sens le plus banal et superficiel possible. Un jardin hors sol de marguerites

Je reviens à notre Marguerite et l’effeuille.  La fille a une âme alléchante pour Méphisto.  Pour la séduire ( c’est-à-dire étymologiquement,  l’entraîner hors du droit chemin ) il met sur son passage un coffret à bijoux.  À bijoux diaboliques, s’entend. Marguerite n’est pas Manon, elle n’est ni coquette, ni vénale, elle est intriguée. Ne le serions-nous pas si nous trouvions chez nous, dans un espace privé, un coffret précieux rempli de bijoux ? Nous le serions même si nous trouvions un objet beaucoup moins spectaculaire : le premier saisissement c’est l’intrusion d’un tiers dans son espace privé . Le jardin de Marguerite est un jardin clos. La symbolique mariale du lieu a déjà été célébrée par Faust dans un air précédent celui des BijouxSalut, demeure chaste et pure -. Les deux plans se superposent du symbolique et du réel. Dans les deux cas, la présence de ce coffret est un mystère, un événement de grande importance, un sujet d’étonnement et de crainte avant tout. Ce tremblement de l’inattendu, de la sortie de route se prolonge dans tout l’air. Marguerite est stupide, oui, elle est frappée de stupeur. Écervelée, sûrement pas. Elle ne perd pas pied avec ce qu’elle est ( ni demoiselle, ni belle ) et ne considère à aucun moment  ces bijoux de hasard comme les siens. Elle va, avec une gêne certaine, les essayer. Elle fait violence à une vraie décence, à une timidité et une éducation qui l’empêche de fouiller dans les affaires d’autrui, a fortiori de se jeter dessus, ou de les glisser dans sa poche après avoir vérifié qu’elle était seule. La nature du personnage, c’est cette droiture, le diable l’en écarte en usant d’un double stratagème ( l’apparition surprise d’objets de prix et l’ensorcellement de ces objets ). Dans Faust, les dés sont pipés dès le départ. Alors, à l’intérieur de Marguerite, ça tire donc, entre l’éducation et le désir, mais les bijoux ( comme l’Anneau de Sauron chez Tolkien) appellent très fort et Marguerite n’est pas la reine Galadriel pour pouvoir résister à ce qui est para-normal. C’est une jeune fille, encore proche de l’enfance et elle va jouer avec le contenu de ce coffret. C’est une expérience qui peux rappeler celle de l’île aux ânes dans Pinocchio : ça ressemble d’abord à une fête ( foraine) et puis on se réveille endiablé avec deux oreilles d’âne, esclave, prisonnier.

Elle essaie donc les bijoux. Dans le même temps, les bijoux essaient Marguerite. Le bracelet est comme une main, qui la menotte. Elle rit : de saisissement d’abord, de surprise, de gêne ensuite tant elle se sent peu à sa place, se reconnaissant mal dans le miroir ( cadeau de  Méphisto, lui aussi, menteur, tricheur, enjoliveur ). Ce rire de surprise, c’est celui que nous espérons du public dans la comédie. Non pas un rire convenu de reconnaissance – Ah oui, j’ai compris la référence et je le signale, tout rayonnant d’intelligence, ou pour soutenir la démonstration intellectuelle – mais un rire explosif, un jaillissement. Comme le cri de la faim que lance notre estomac. Comme un éternuement d’allergie. Marguerite est allergique aux bijoux. Ils la perturbent, ils changent son métabolisme.
Elle joue. Elle joue à être la femme, les femmes de ces bijoux.Une princesse, une demoiselle. Elle ne se reconnait pas. C’est amusant et troublant. Cela trouble son innocence. L’envie apparait, non pas d’une autre vie,  mais de la vie d’une autre. Et il ne faut pas oublier le désarroi qu’il y a toujours à ne pas complètement reconnaître son visage, même si on peut se féliciter du travail de notre coiffeur, par exemple. Cette inquiétante étrangeté de notre voix enregistrée quand nous l’entendons, de notre visage maquillé pour un spectacle ou pour une occasion…

L’air des bijoux est une valse. Avant d’être embourgeoisée en danse de mariage, la valse a traîné une odeur de souffre dans tout le 19ème siècle. L’air des bijoux emporte Marguerite dans une danse qui peut rappeler celle du Conte des Souliers Rouges. Et bien faibles sont ses chances de pouvoir s’arracher à cette étreinte.

[1]

Le jardin de Marguerite. Au fond, un mur percé d’une petite porte. A gauche, un bosquet. A droite, un pavillon dont la fenêtre fait face au public. Arbres et massifs.
Elle se dirige vers le pavillon et aperçoit le bouquet suspendu à la porte. Un bouquet ! … Elle prend le bouquet.
C’est de Siebel, sans doute ! Pauvre garçon !
Apercevant la cassette.Que vois-je là ? … D’où ce riche coffret peut-il venir ? … Je n’ose y toucher, et pourtant … – Voici la clef, je crois! … Si je l’ouvrais! … ma main tremble ! … Pourquoi ? Je ne fais, en l’ouvrant, rien de mal, je suppose ! … Elle ouvre la cassette et laisse tomber le bouquet. O Dieu! que de bijoux! … est-ce un rève charmant Qui m’éblouit, ou si je veille? … Mes yeux n’ont jamais vu de richesse pareille! … Elle place la cassette sur une chaise et s’agenouille pour se parer.
Si j’osais seulement
Me parer un moment De ces pendants d’oreille ! …

Elle tire des boucles d’oreille de la cassette
Ah! voici justement, Au fond de la cassette, Un miroir! … comment n’être pas coquette ?
N° 14 – Air des Bijoux Elle se pare des boucles d’oreilles, se lève et se regarde dans le miroir.
Ah! je ris de me voir,
Si belle en ce miroir!
Est-ce toi, Marguerite?
Réponds-moi, réponds vite!
– Non! non! – ce n’est plus toi!
Non! non! – ce n’est plus ton visage!
C’est la fille d’un roi,
Qu’on salue au passage!
– Ah, s’il était ici! …
S’il me voyait ainsi!
Comme une demoiselle,
Il me trouverait belle.

Elle se pare du collier
Achevons la métamorphose!
Il me tarde encor d’essayer Le bracelet et le collier!

Elle se pare du bracelet et se lève.
Dieu! c’est comme une main qui sur mon bras se pose!
Ah! je ris de me voir
Si belle en ce miroir!
Est-ce toi, Marguerite?
Reponds-moi, reponds vite!
– Ah, s’il était ici! …
S’il me voyait ainsi!
Comme une demoiselle,
Il me trouverait belle.
Marguerite, ce n’est plus toi,
Ce n’est plus ton visage,
Non! c’est la fille d’un roi,
Qu’on salue au passage.

Le Labyrinthe de Michelangelo Pistoletto Emmanuelle Cordoliani

Écoles / De l’inefficacité

Tout à l’heure pendant le cours, une étudiante m’a posé la question : quel est le moyen le plus efficace pour aborder un personnage ? Je ne suis pas sûre du verbe, parce que ce qui m’a marquée c’est la notion d’efficacité. Il n’y en a pas. Avec de l’efficacité, vous ne ferez jamais un personnage. Vous ferez un simulacre, dont se contenteront une partie du public, une partie de vos employeurs et peut-être une partie de vous-même. Ce simulacre satisfera un besoin présent chez tou.te.s : qu’on nous laisse tranquille. C’est d’ailleurs chez vous que vous le satisferez en premier : notre corps et notre esprit sont prêts à tout pour éviter le sentiment, le trouble, l’inconnu. Nous sommes des créatures de routines et d’habitudes, et tout ce qui déroge à ce que nous croyons savoir nous perturbe. Donner au public ce qu’il demande sera toujours un procédé infamant pour celui qui fait et pour celui qui regarde. Nous sommes là pour avoir le rêve de ce qu’il lui faut, au public. Comme vous aurez des rêves pour vos enfants. Vous inventerez une éducation et je doute que vous les nourrissiez alors exclusivement de bonbons et poissons carrés, quand ils le demanderont. Vous croyez qu’il y a un public de spécialistes, qui vous fera des demandes justes. Vous croyez que les gens pour lesquels vous auditionnez sont ces spécialistes. Nous débarrasser de ce préjugé est notre plus grand, notre plus éprouvant travail. Le seul spécialiste, c’est celui qui fait le geste sur le plateau. Pas pour toujours, mais pour l’instant. Et c’est déjà une grande responsabilité.
Nous sommes dans une école d’art. C’est un immense privilège. Cela veut dire que je ne suis pas là uniquement pour vous aider à assurer votre sécurité matérielle. Je suis là, comme mes collègues pour vous aider, dans une humble mesure, à devenir l’artiste que vous êtes.
Quand nous aimons, cherchons-nous à être efficace ? Non. Nous cherchons l’autre. Aller vers un personnage nécessite un grand courage et donc, un grand désir de le dire, de le raconter, de lui rendre justice, de le confronter, de l’avoir avec soi, d’observer la vie – et soi-même – par ses yeux.
Il y a autant de manières d’aborder le travail sur le personnage que de personnages et que d’interprètes. Vos manières feront vos interprétations, car elles sont constitutive du résultat final. Vos personnages porteront la marque intime et indélébile des chemins que vous aurez parcourus pour arriver jusqu’à eux. Je ne vous fournirai donc pas, jamais, de tutoriel, ce serait une vilénie. Mais je me tiendrai toujours à votre disposition pour vous aider à réaliser vos projets. Cela sous-entend, bien sûr, que vous ayez un projet chaque fois que vous décidez de chanter tel ou tel rôle, pour un air, un ensemble, une représentation…
Cette discussion reste donc ouverte entre nous tous.
Enfin pour conclure sur l’inefficacité comme savoir-vivre, un peu de poésie. Dans un recueil qui porte le nom idéal de Commune Présence, René Char écrit

tu es pressé d’écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s’il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte-toi
hâte-toi de transmettre
ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
effectivement tu es en retard sur la vie
la vie inexprimable
la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir
celle qui t’es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
au bout de combats sans merci
hors d’elle tout n’est qu’agonie soumise fin grossière
si tu rencontres la mort durant ton labeur
reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
en t’inclinant
si tu veux rire
offre ta soumission
jamais tes armes
tu as été créé pour des moments peu communs
modifie-toi disparais sans regret
au gré de la rigueur suave
quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
sans interruption
sans égarement

essaime la poussière
nul ne décèlera votre union.

Je remercie l’étudiante qui a posé cette question. Sans cette piqûre de rappel, je ne serais qu’un vieux professeur de province.

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