Un Bon été / Tiers Livre / Lieu non lieu
À quoi bon les mettre en vitrines ces cernes, ces joues marbrées des draps rêches, ces maladifs colleurs de l’aube, ces après-rasage sur pattes, ces 4 épingles déplacées, ces familles égarées dans les confins de l’ancienne colonie d’Outre-Manche ?
La punition n’était pas comble de ce reste de poussière du sol ramassée en sachet de thé, du café cuit et recuit et dix de der dans son thermos qui bave, du pain en carton blanc, du jus multifruis qui n’en contient aucun, de la confiture aromatisée au sucre?
Fallait-il, vraiment, la télématin et ses 3 piliers de la Sagesse : Amour, Gloire et Beauté , accrochée en surplomb pour nous épier de Damoclès, pour nous mettre bien profond en abîmes, avec en sus l’aquarium vide mais éclairé — les poissons y pioncent ponctuellement ou pour l’éternité — qui bulle sur le cache radiateur marron, alors qu’on traîne péniblement cette vie qui mâchouille, hors du lit ?
Mais, dehors, personne n’a le coeur à mater. Tous et toutes vont quelque part et passent sans piper le show. N’était un ou deux enfants cruels qui collent leurs mains contre la vitre, il n’est pas certain que nous serions là.
De l’autre côté de la rue, il y a un point de rencontre — ! — . S’entend : une borne moche avec un pictogramme sans ambiguïté : the place to be ( together ). Pas exactement le mauvais lieux où se font les rencontres crapuleuses. Ni le poétique Kiss and Ride de la gare de Liège. Pour l’heure, l’indifférence à la bite d’amarrage est complète, mais si on reprend une tasse de Lipton Yellow — jus de moquette — et qu’on attend qu’il soit tiède pour le boire, alors des tas de parapluies s’y regrouperont autour d’un parapluie orange, panache des visites guidées locales.