Hiver au Tiers Livre / des images mentales #1

Les fantômes à tout instant. Un grand cache-poussière marche dans la ville qui est et qui fut, couverte d’empreintes invisibles, mais sonores. Ses empreintes et celles de la ville, celles des routes passées et présentes. Les cartes du Temps — crochet et œil manquant — se superposent pour dévoiler le trésor du chemin, l’or d’être en marche, d’êtres marchants qui furent et sont. Certains savent ce qu’est la Mort, mais l’ignorent et se confondent avec les gestes les plus quotidiens.
Un jeune chinois élégant au nom d’empereur pavane son français impeccable, enroulé dans un accent à couper au couteau. Pardessus noir, chapeau melon, chaussures de Monsieur Parfait, clown blanc et auguste à la fois, il nous fait rire, mais qui est nous ? Qui sont ceux que nous sommes ? Les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur l’espace infini du Rez-de-chaussée, le fantôme chinois et son élégance s’éloignent, légers, comme mon cœur après ces ultimes retrouvailles. 
Les fantômes avec les vivants sont à tout instant l’ultraconcordance du Temps. 

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