Je vous écris du plus profond de l’été
Nos vélos roulent sur les nuages en dentelles des ciels bleu layette des Flandres
Et les odeurs montent de la terre
comme les larmes aux yeux
débordent et comblent tout ensemble
La rouille de l’eau répond aux verts crus des feuillages qui la bordent
Tout à coup, sapin d’émeraude, la frontière est passée
La maison nous accueille au soir, sans rancune pour le jardin délaissé,
ses roses remontent sans cesse jusqu’à notre désinvolture
et colorent de leur beauté, notre insouciance
Nous nous sommes enfoncés profondément dans l’été
Nous ne savons plus très bien quel âge ont ces yeux avides de vert, de découvertes, de chemins d’ombres aux fins ajours
Ce qui est perdu demeurera
Perdu
Ceux qui se sont absentés demeureront
Présents
Nous nous sommes enfoncés trop profondément dans l’été pour jamais revenir
Aquarelle © Alexandre Piquion