UN BON ÉTÉ / TIERS LIVRE /DU LOINTAIN EST
Sur si peu de terrain, se confondent l’eau de la Seûle qui ne fait qu’y passer, les marais qui stagnent et les Caraïbes, vestige balnéaire. L’eau thermale qui coule là-bas, a durablement modifié non seulement la typologie des lieux, les us et coutumes des habitants, mais jusqu’à leur physionomie et leurs besoins naturels. On voit fréquemment apparaître sur le corps d’enfants nouveaux-nés, des vertèbres supplémentaires au niveau du sacrum, mais, plus surprenant, des minéralisations de certains organes et de petits fossiles nichés sous l’épiderme. Ces modifications, qui lors leur premières apparitions terrifiaient les parents et condamnaient les enfants, sont devenues tout à fait bénignes voire souhaitables, depuis la Catastrophe. Les habitants de l’Est s’étant à cette occasion avérés capables de vivre seulement d’eau, et bien encore, leur physiologie mieux comprise s’est peu à peu vidée de toute nocivité et pour ainsi dire banalisée. Beaucoup on choisit de vivre plus conformément à leur nature et les maisons ont été décapitées de leurs toits, afin de permettre à leur occupants de garder un contact quasi-permanent avec les précipitations, les nuages et l’humidité qui se dégage de leur environnement naturel. Le projet Atlantide, de la même veine, porte sur la création de tout un quartier submersible, selon une calendrier intuitif répondant essentiellement au désir manifesté par les personnes les plus âgées et les tout petits enfants, dont la sensibilité exacerbée à l’élément liquide est un fabuleux baromètre. Le territoire Est se balance donc entre hors-sol et pilotis, comme un mikado oublié au milieu d’une partie dans une de ces petites piscines en plastique qu’on utilise pour désinfecter les voyageurs malencontreusement arrivés par l’Ouest. Les rues ont été remplacées avantageusement par des canaux, accueillant, de par et d’autre, une lignes d’eau réservée aux nageurs rapides et une voie centrale pour les véhicules.
Rares sont les élèves du lycée Jean Hyppocampe qui ne développe pas de branchies embryonnaires. Il est regrettable de constater que cette mutation, si riche en éclats de joie et possibilités nouvelles se confronte encore aujourd’hui à un racisme récurrent de la par des habitants de l’Ouest ( ce qui reste compréhensible compte tenu des conditions de vie très dures qui sont les leurs ) mais plus tristement des sudistes, qu’on pourrait supposer, sans jeux de mots, plus ouverts d’esprit.
Cet article a été publié dans blog. Bookmarker le
permalien. Les commentaires sont fermés, mais vous pouvez faire un trackback :
URL de trackback.