8 mars : poisson d’avril ?
Cette journée au fils des ans aura revêtu tant de panoplies différentes que celle dans laquelle je la surprends aujourd’hui ne peut plus être considérée comme autre chose. Même si je pouvais superposer toutes ces panoplies et n’en conserver qu’un cm3 , comme ce compositeur qui a compilé l’entièreté du Ring de Wagner en 10 secondes, cela ne donnerait pas un portrait plus juste de ce que cette journée m’inspire. Une amie ce matin m’a envoyé des voeux de fêtes — la Ste Femme aujourd’hui — j’aime sa combattivité joyeuse mais pour moi, au mieux, cette journée est un poisson d’avril, cet étiquetage réel que nous faisions, enfants, des adultes, têtes en l’air consentantes, qui faisaient mine de ne pas sentir la pression de nos doigts malhabiles tandis que nous leur épinglions au dos un poisson de papier ou de carton , portant leur nom parfois.
Sur le poisson du 8 mars, on n’arrive même pas à écrire femme au pluriel — pour une majorité cette journée des droits des femmes demeure la journée de LA femme. Or Lacan l’a dit clairement, LA femme n’existe pas. Alors quelle importance peut-elle bien revêtir ? —