20Mar2020

CENDRILLON | Album de familles

Pas plus de cinq ans et les voilà déjà toutes les trois en cuisine.
Une potion magique en préparation ?
La plus petite s’affaire, perchée son son tabouret, pendant que deux têtes blondes et bien tressées surveillent les préparatifs. La pression se fait sentir.

Au secours !
Le père se dirige vers la porte très péniblement car, à chacune de ses chevilles se cramponne une petite fille en larmes. Le ménage sera donc, pour la première fois, fait par les deux sœurs qui luttent pour retenir leur papa.

La mère ne tient plus en place alors qu’elle transforme sa progéniture en poupées. Un coup de pinceau par ci, du rouge par la. Elle est prête à tout pour remporter le concours des mini miss.

Voici ton carrosse princesse !
La jeune fille est radieuse dans sa robe de mariée. Sa belle mère et ses sœurs veillent aux derniers détails de la coiffure et de la traîne. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

C’est dans leur tenue d’apparat que le couple royal entame la procession de présentation du nouvel héritier. La cour les suit de près, observant leur moindres faits et gestes.
Lui, angoissé, les sourcils inquiets, regarde devant lui en portant son enfant.
Elle, trop menue pour sa tâche, croule sous sa propre coiffe. Elle esquisse un sourire timide et crispé. Vivement la fin de la représentation.

Ils sont beaux ! Ils sont droits ! Ils sont fiers !
L’enfant et sa mère portent des vêtements de la même couleur. Deux rubis flamboyants. Tous les deux se tiennent côte à côte, elle, tire son petit contre son flanc.
Lui, géant au sourire immaculé salue la foule. Il est sûr de lui. Tout se passera bien.

Quel enfer !
Vivement qu’il la retrouve son inconnue et qu’il dégage avec elle. Qu’il se barre cet attardé de môme. 35 ans et il vient encore dormir dans le lit de ses parents.

Les deux sœurs sont chacune adossée à un accoudoir, les jambes étendues sur le canapé, chacune à son affaire : l’une travaille sur son ordinateur, l’autre lit. Dans le regard de la plus jeune, on perçoit le début d’une envie de faire rire la plus grande.

Quelle joie pour le roi de retrouver jusqu’aux membres les plus éloignés de sa très grande famille ! Le prince, au bord du groupe, garde les yeux fixés sur ses chaussures. Il ne reconnaît personne.

Le simple fait d’être ainsi rassemblés en un même lieu suffit à leur conférer un sentiment de sécurité. Ensemble ils sont calmes.

Ils se retrouvent seulement pour se dire au revoir. Elle va bientôt devoir monter dans le train et ils lui manquent déjà tous un peu.

Il est le seul garçon présent, et on a l’impression qu’il n’en mène pas large, seul au milieu de toutes ses sœurs et cousines.

L’aïeule trône au milieu de ses petits-enfants. Souveraine débonnaire autour de laquelle se presse la foule respectueuse des descendants.

C’est évidemment au moment où le père s’octroie un moment de quiétude pour une petite sieste que l’enfant décide de faire un caprice. Il est visiblement inconsolable.

Deux grandes personnes en entourent une troisième, plus petite. Les grands sont pareils l’un à l’autre, la petite est belle comme un cœur.

On dirait la Vierge Dolorosa qui voit son fils au calvaire. Sauf que là, le petit est juste tombé sur les fesses.

Son chapeau, on dirait celui dépeint par Wagner lui-même pour aller sur la tête de Siegfried. L’homme, noble, sculpture grecque, regarde au loin.

Ô petite coquine qui regardes par la fenêtre si le monsieur est toujours là ! Ils t’ont vue.

Automne, tes feuilles recouvrent cette maison de pierre au pied de laquelle dansent deux points jaunes.

La tendresse n’est autre que le baiser d’un père sur la joue de son fils.

Ces deux sourires, signe d’un temps qui n’est plus, plongeront ceux à qui ils étaient chers dans un silence abyssal dont il sera difficile, même pour les personnes concernées, de connaître l’étendue.

Elle est parmi ses deux filles. On dirait une lionne avec ses petits. Fragile et forte à la fois, la photographie semble représenter une fenêtre d’avenir heureux, plus simple. Derrière le filtre Instagram, le regard espère.

Le roi rayonne au bras de son fils et de sa belle fille. Le vent et le soleil révèlent les sentiments enfouis, interdits, non autorisés, ils balayent les masques. C’est la démonstration de l’amour d’un père pour son fils, d’un fils pour son père, de l’amour sans condition, sans qu’ils se voient eux- mêmes.

Tout tourne autour de l’enfant. L’enfant est le moteur des vies qui l’entourent. Le paysage disparaît, il se fond dans leurs sourires demandeurs. Il est une drogue, le fantasme du plein pour les âmes en creux.

Monsieur est assis, madame est debout. Ils se tiennent par la main. Les deux mains qui se touchent semblent aspirer le monde, comme une expérience surnaturelle, déconnectés de la dureté des visages et des corps, connectés à leurs manques réciproques.

Il est avec sa femme et ses filles. Il semble impatient. Tous nous regardent sauf lui. Peut-être a-t-il peur de l’immortalité du procédé. Elle est debout à ses cotés et nous montre sa famille. Elle nous prouve sa famille.

L’œil écarquillé, engoncé dans son costume sans une trace de sourire sur sa bouche, il semble effrayé par ses toutes récentes responsabilités.

Deux paires de sourires éclatants : le père – le fils, la mère – la fille, tous entrelacés. Ils semblent donner la parfaite illusion du vrai bonheur.

Deux regards tournés vers le même objet : l’objet de leur joie, leur peur, l’objet de leur amour. L’enfant est le seul détenteur de l’insouciance dans cette pièce.

Elle semble si fière de son gigot.
Elle semble si fière de ses trois beaux enfants.
Elle semble si fière de sa robe.
Trois générations, trois préoccupations, trois sourires.

Elle est la reine du monde ! Dans chaque main elle tient ce qui lui est de plus cher et par eux elle se voit s’envoler.

Regard noir. Lèvres pincées. Elle est fâchée. Exaspérée. Elle doit en vouloir à la terre entière. Surtout à sa mère… pour ce nœud gigantesque qui trône sur sa tête !

Il a le regard brillant. Le bonheur se lit sur sa truffe. Il mène par son pas décidé toute sa famille.

Charmant

Sur le canapé s’efforçant de ne pas céder sous leurs poids, ils sont tous agglutinés à la verticale. De bas en haut, du père à la dernière petite fille ; telle une famille d’opossums.

Les enfants sont réunis autour du gâteau d’anniversaire. L’aînée fait la moue, le cadet montre toutes ses dents. Le benjamin lui, ouvre grand les yeux et la bouche d’où l’on aperçoit sa seule dent : seule, tout comme la bougie posée sur le gâteau devant lui.

Elles dorment profondément. Front contre front. La plus grande a le bras autour de sa petite sœur : comme si elle câlinait son doudou, ou gardait un précieux trésor.

Ils sont quatre. Trois générations d’hommes qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau ( si bien que l’on croirait la même personne à différents moments de sa vie ) et elle, petite au regard perdu, perchée dans les bras de son père, se demande ce qu’elle fait là.

Deux sœurs et leur mère. Une brune, une autre châtain et la dernière rousse. Deux grimaces, et trois cœurs qui battent à l’unisson.

Elles sourient à l’objectif et sont fières de présenter leur spectacle. La grande sœur est derrière, les mains posées délicatement sur sa harpe. La plus petite est au premier plan, vêtue d’un tutu de danse rose avec des plumes dans les cheveux, un dauphin dessiné sur le front et un micro à la main.

Elles sourient et semblent heureuses, elles n’ont pas de lien de sang mais pour elles, c’est ça la famille.

Les temps heureux:
En fond la fenêtre. Le père est assis sur le canapé. Sur ses genoux, très petite fille déguisée en princesse. Les regards sont tendres.

Baptême des deux sœurs. Sur la gauche, la belle-mère pose sa main sur l’épaule de l’aînée. Elle est au premier plan avec un air concentré. On sent l’autorité dans ce geste. À l’arrière plan à droite, le père, un léger sourire forcé. Sa fille est absente.

L’enfant, souriante face à l’objectif. C’est un soir d’été, elle porte une robe bleu ciel. Derrière, la forêt.

Soirée crêpes à la maison de la belle-mère. Les sœurs ont invité quelques amis à les partager. Autour de la table les deux sœurs l’une en face de l’autre mangent avec les doigts. Deux de leurs amies à droite, l’une regarde l’objectif avec un air malicieux et de la confiture partout sur le visage, l’autre a la tête baissée face à son assiette. Au fond à gauche, le fils du château voisin lèche allègrement toute son assiette.

Photo portrait du prince et son père le Roi. Le roi est sur la gauche, assis, un air neutre. Sur la gauche le prince enfant se tient debout, accoudé sur l’épaule de son père. Il a les cheveux blonds longs. Un sourire et un visage rond.

Photo portrait de ses deux belle-sœurs. On dirait des jumelles, le même sourire, les mêmes yeux. L’une est assise enlacée par l’autre debout derrière elle.

Ancienne photo de son et de sa mère. Assis côte à côte. Le bras de l’homme dans le dos de sa femme. Sourires radieux

Ils sont tous là en rang d’oignon sur une affiche en forme de photo de famille vantant la cuisine du restaurant. Les hommes aux extrémités et les femmes entourant les enfants. Les trois au centre ont leur tête à bêtises, surtout celle aux tresses blondes et celui qui porte une marinière rouge et blanche.

Dans cette famille-là, ils sont quatre. Un de plus et ils ne tiendraient pas sur ce cliché aux allures de photomaton. En haut à gauche, le père brun et à droite la mère, blonde comme en coupole au-dessus de leur chère tête rousse et de son ami aux poils non moins carotte.

Ils sont tous là, les membres de cette famille aux liens qui ne sont pas ceux du sang. Ils sourient, surtout celui qui d’habitude a plus trait aux jurons. C’est probablement l’hiver, parce que celle à qui on reproche souvent de chanter fort a sorti long manteau de fourrure, gants et chapeau.

Quelle drôle de photo de famille mélange dans un joyeux vacarme les bretons et les grecs, les lieutenants et les légionnaires, les gaulois et les romains ? En tout cas ici, on a pas — encore — ligoté le barde.

Famille envers et contre tout.s que celle de ces frères qui partagent le menton allongé, la petite moustache, les rayures jaunes et noires de ceux qui savent déjà où se terminera l’histoire. Mais puisqu’il faudra bien savoir les différencier, on les range en escalier.

La maman serre sa petite fille dans ses bras. Il y a beaucoup de vent, elles sont dans le désert. Le papa prend la photo. 

Le papa tient la petite fille dans ses bras. La petite fille regarde, inquiète, la maman qui prend la photo. 

Plus tard, bien plus tard, on retrouve dans un livre la photo prise le même jour. Celle du papa qui regarde la petite fille qui regarde le papa en souriant. 

Le papa n’a pas vu la petite fille grandir. Il espère que la jeune femme va lui demander une histoire pour dormir. 

La jeune femme passe le balai en pensant à la grand-mère disparue. Paranormal : le verre sur le comptoir a bougé tout seul. 

Un figuier est planté miraculeusement dans le jardin. 

Il n’y a pas de photo de la belle-mère avec la petite fille. La belle-mère et le papa semblent contents. 

Le grand-père et la grand-mère sont dans un extérieur qu’on ne peut identifier, à cause de l’âge avancé de la photo. Endimanchés, enchapeautés, ils prêtent à sourire, car on les imagine hauts en couleurs, et volontiers goguenards. 
La silhouette oviforme du grand-père semble indéboulonnable, tandis que la grand-mère est courbe d’en bas, peut-être à cause du vent dans sa jupe longue. 

Dans une petite cour qui semble ensoleillée, une femme pâle revêtue d’un canezou à volants, son tout-juste jeune homme de fils, et sa mère s’occupent en silence. Leurs longs habits sombres trahissent le deuil qu’ils portent. Autour d’une petite table à pieds croisés, les femmes rapiècent une chemise à carreaux, et le jeune garçon, lui, parcourt un grand livre. 

Deux pères sont assis au bord d’une falaise du nord de la France, et discutent en se délassant les jambes dans l’herbe grasse du printemps. Celui de gauche, vêtu d’un modeste tee-shirt blanc, fume la pipe, et celui de droite, porte à merveille une costume clair presque décontracté, et une petite moustache. 

Une famille prend la pose devant leur nouvelle affaire, un troquet à la devanture flambant-neuve. S’y distinguent une femme plus en rondeur que les autres, qui sourit fièrement dans sa robe à pois blancs, et aussi un homme bougon, glorieuse moustache blanche, dont la montre à gousset dépasse subtilement d’un modeste gilet.
Au premier plan, deux petites jumelles étoffées de la même dentelle blanche encombrante, se donnent la main avec indifférence. 

La mère porte sa toute petite fille dans un cloître baigné de soleil. Le toute petite fille a une expression vide qui lui donne un air de gros chat qui se demande pourquoi on le porte. Cela semble faire sourire sa mère, qui la regarde avec beaucoup de douceur. 

La reine et le père discutent près d’une fenêtre. Le père, belle chevelure argentée cherche dans sa veste de costume des allumettes pour sa pipe. Innocemment élégante dans sa robe à étoiles, la reine gratifie la/le photographe d’un sourire lumineux. 

Accroupie, la mère montre à sa fille un agneau blanc qu’elle tient dans ses bras. La petite blonde hésite à le toucher.

C’est une fin de repas de famille réunissant toutes les générations ; enfants, parents et grands-parents. Autour de la table, tous fixent l’objectif. Au centre de la photo et de cette famille, un couple à l’air uni. L’homme du couple pose sa main sur l’épaule de sa femme dans un geste protecteur.

Un père et sa petite fille sont sur une plage en maillot de bain, et prennent la pose sur une barque. Le père est assis sur le rebord de la barque et tient la petite fille ravie, debout sur un des bancs à l’intérieur de la barque. Le père fixe sa petite fille avec un air doux. La petite fille est rayonnante de bonheur.

Un couple endimanché face à des chaises de messe, en habits sombres, la mine solennelle. Deux cierges sont allumés : il s’agit d’une cérémonie religieuse, mais il est difficile de savoir si c’est un mariage ou un enterrement, tant les habits du couples sont sobres et sombres, peu usuels. Ils ne posent pas.

Devant la vitrine d’une épicerie, deux petites filles habillées en robes écossaises du même tissu, sont assises souriantes, un livre à la main. Dans l’encoignure de la porte, main sur la hanche, la patronne pose, sévère, dans un geste d’autorité souveraine. Une affiche de la marque Banania trône à côté des bonbons de la vitrine.

C’est une famille du début XXème siècle, probablement issue de la bourgeoisie française. La pose est étudiée, un peu rigide. Le père de famille se tient debout à gauche du cadre, à côté de sa femme au centre, entre deux jeunes femmes assises, coiffées avec des chignons de chaque côté, les mains sur les genoux, l’air sage. Tout à droite, une petite fille debout beaucoup plus jeune, d’environ dix ans.

C’est famille aisée, le père est absent de la photo. La mère, à droite de la photo, tient un chat blanc sur un meuble central. Un petit garçon est assis dessus jambes pendantes, chaussettes hautes. Derrière lui, l’aînée aux cheveux bouclés, à l’air bohème. À sa droite, un jeune garçon, assis de profil, un brun flegmatique. À gauche du meuble, à l’opposé de la mère, une jeune fille semblant douce se tient placidement, dans un léger geste d’appui sur le meuble. Sa main droite serre un objet.

Une famille, en plein air devant une porte massive en forme d’arche : l’entrée de leur demeure. Il y a huit personnes ; deux enfants, deux adolescents. Une vieille femme en robe noire et vraisemblablement un couple. L’homme porte un chapeau melon, la femme une robe à manches bouffantes. Seule la jeune fille sourit.

Sur cette photo de famille prise sur un instant ( qui dû être très bref ), les deux parents encadrent leurs enfants dans un cadre champêtre. Les enfants en bas âge semblent être assez sages sauf le petit dernier de la portée qui a envie de taquiner son père. Ils sont tout trois assis par terre dans une posture assez solennelle pour l’occasion.

Cette photo prise lors d’un instant de repos nous montre une famille construite par l’occasion. Les soldats se reposent entre deux déluges de plomb et d’acier. Sur les huit personnes présentes dans cette tranchée, seules trois d’entre elles esquissent un semblant de sourire, les autres ont le visage dur et se tiennent fièrement comme s’ils défiaient la peur de les saisir, la mort de les atteindre, l’ennemi de les toucher. Sur la carte, écrit à la main : “ Que pensez de ces braves poilus? Ont-ils l’air de s’en faire ? ”,  et à la machine “ Une tranchée de première ligne ”.

Photo extrêmement protocolaire, faite à l’occasion de la naissance d’un enfant pour le présenter au pays. Les deux parents sont assis sur un canapé et l’enfant, sur les genoux de sa mère. Les hommes sont en costume et les femmes sont les seules à avoir un peu de liberté dans le style vestimentaire bien qu’elles portent toutes des robes. 

Un père, une mère, une grand-mère et un oncle, ils entourent tous les quatre un enfant mort dans les affrontements. Derrière eux gisent les décombres d’une ville ravagée par la guerre, mais ils n’ont pas l’âme de penser à cette guerre. À cette instant-là, ils pensent à la seule chose qui ait de la valeur : la vie, leur fille.

Une table ovale dressée pour le thé au milieu d’un beau jardin plein d’arbres fruitiers à travers lesquels les rayons d’un soleil estival illuminent la porcelaine ivoire et le gâteau aux prunes fraichement sorti du four. Les deux grand-mères assises côte à côte sont occupées par une conversation qui semble les amuser. La dame de droite, maîtresse de maison écoute avec attention son invitée et acquiesce joyeusement. 

Six personnes posent pour une photo devant une grande cheminée de campagne. Les parents à droite de la photographie se forcent à sourire tout en regardant du coin de l’oeil leur fille qui n’a visiblement aucune envie d’être dans le cadre. Au second plan, deux vieilles dames, peut-être des tantes ou des cousines éloignées sourient et essaient de rassurer la rebelle d’une caresse réconfortante sur l’épaule. 

Une table, 6 chaises sur lesquelles sont assis 6 parents ( 3 hommes et 3 femmes ) tenant leurs 4 enfants assis sur leurs genoux. Cet un instant dérobé à l’agitation évidente du repas qui tarde à être servi, dont témoigne la mine exaspérée du père de famille assis au premier plan. C’est uniquement grâce à l’appareil photo que la famille s’est figée dans une immobilité faussement exemplaire : peut-être que l’arrivée imminente du plat calmera les esprits ? 

Lui est empereur, elle princesse. Malgré la pluie, leurs visages rayonnent de joie nuptiale. Les imposants parapluies noirs amassés autour d’eux sur parvis de la cathédrale Saint-Louis des Invalides ne font pas le poids face à l’opulence des couvre-chefs royaux, grand-ducaux et impériaux qu’ils recouvrent. 

Plein de fierté, le père regarde ses talentueux enfants richement parés, croiser leurs mains avec grâce et virtuosité sur le clavier de l’instrument qui dominant la pièce. Le violon tenu par le père fait écho avec la lyre d’Apollon dont la statuette orne la pièce. Seul le solennel portrait de la mère qui fait office de point de fuite semble hors de ce paysage sonore sous-jacent à cette représentation de famille.

Devant la voiture dont le coffre encore ouvert laisse entrevoir des valises étroitement assemblées, six visages souriants font face à l’appareil. Derrière la joie émanant de leur sourire et leurs embrassades, la tristesse du départ et de la séparation. Seul le petit carlin tenus dans les bras de la fille la plus jeune semble ne pas se soucier la situation en léchant allègrement la sœur d’à-coté. 

Cinq personnages : de part et d’autre d’un homme au centre de la photographie, deux couples se tenant les mains célèbrent leur mariage. Le bonheur des amants contraste avec la méfiance du vieux père qui regarde son nouveau gendre. Pourtant, la fille n’a plus rien à faire de de ses antiques restrictions, gratifiant son précepteur d’un sourire d’émancipation, plein de liberté et de gratitude. 

Atelier d’écriture des relations familiales dans Cendrillon de Massenet, CNSMDP Printemps 2020
Contributions : Aymeric Biesemans, Lisa Chaïb-Auriol, Clarisse Dalles, Floriane Hasler, Marion Vergez Pascal, Margaux Poguet, Emmanuelle Schelfhout, Parveen Savart, Laurence Pouderoux, 
Leo Vermot-Desroches, Flore Royer et Joseph Pernoo.

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