Hier, j’ai pris le train pendant que Nils ( Osmin ) était dans l’avion. Je ne sais pas quand César ( Pedrillo ) arrive du Vénézuela. Ni comment Elisa voyage depuis l’Italie. Quant à Katharine ( Konstanze ), qui peut dire si elle vient de Rotterdam ou des États-Unis, cette fois-ci ? Roberto ( le chef ) , nous attend à Clermont et le reste de l’équipe artistique est dans le train de Paris, comme j’écris. Le segment vaut pour la droite : quelque soit notre origine nous sommes en mouvement vers un point central massif, notre premier rendez-vous.
Depuis plusieurs mois, des échanges nourris ont lieu sur une plateforme virtuelle . Ils ont désamorcés la peur de la première rencontre. Même virtuellement, avec des contours flous et beaucoup d’imagination, quelque chose est déjà constitué entre l’équipe artistique et les chanteurs, qui trace un cercle de craie incluant tous les sous-ensembles. Il y a ceux et celles qui se connaissent depuis longtemps, d’autres qui se sont brièvement et intensément rencontré.e.s lors du Concours de Chant de février, d’autres encore qui ne se sont jamais vu.e.s… ça fait un tas de sous-ensembles qui sont autant de cercles de couleurs dansant devant mes yeux.
Hier soir, durant le bref trajet de mon train, cette pensée m’a profondément émue. Pas celle du premier rendez-vous, donc. Celle du mouvement collégial et singulier vers un point de rencontre. Ce qui nous meut. De toutes parts, je le sens, l’attente est vive… et puissante aussi. Chacun, chacune, vient chercher ici quelque chose qui restera probablement caché à ses yeux. Mais il n’est pas douteux que bien d’autres choses se révèleront dans le temps qui nous est imparti. Car c’est la clé rare de ce projet, celle qui ouvre la porte à l’aventure : le temps. Une année d’échange, qui commence “ pour de vrai ” cet après-midi au milieu des volcans.