Un tout petit mot. AUS. Dans la grande structure complexe de notre Enlèvement : sa musique, son texte réécrit, ses cinq langues parlées en scène, sa triple intrigue de conte soufi des 1001 nuits mozartiennes, sa dramaturgie de fumée, sa scénographie d’extérieur et puis non à moins que, son cabaret lumineux et son coucher de soleil oriental de n’importe où. Révolution du tout petit mot : l’histoire retombe sur ses pattes de chat de Schrödinger. AUS.
AUS. Un mot mince comme ce livre d’une feuille, caché au milieu d’une bibliothèque de dix mille livres. On le dégage légèrement de son rayonnage, sans se risquer à en exposer la couverture intégralement à la vue et voilà que s’actionne un mécanisme sophistiqué de poids et de poulies, de sables en sacs percés renversant des sabliers translucides, toquant des kilomètres de dominos chinois, bousculant à leur tour de fuyantes clepsydres huilant goutte à goutte une série d’engrenages, parfaitement imbriqués d’un briquet tempête étincelant des lignes de poudres volcaniques, pour une explosion de couteaux à la parfaite verticale des coeurs tendres de petites souris, crevés sur des cordes raides où des rats faméliques bientôt se font avidement les dents jusqu’à la rupture, libérant un vol de papillons aux larges ailes obstruant soudain la lumière, jusqu’à ce qu’un tombé de pétales fanés de tant d’obscurité effleure d’ultra-sensibles balances d’apothicaire, déclenchant à peine les cellules sonores attentive au moindre souffle pour relâcher une myriade de fées minuscules tombant en bruine sur l’épaisseur moelleuse d’un écran tactile qui expulse de sa cage l’ultime bille de mercure aux pieds légers vers le grand labyrinthe, plongeant dans le trou noir où se perdent toutes les conjectures, inopinément accueillie dans le plouf du bassin d’eau sombre qui le fonde. Silence. Une bulle en remonte lento, lento et éclate à la surface dans un AUS presqu’imperceptible.