TIERS LIVRE / UN BON ÉTÉ / INTERSTICE 3

Alice avait l’habitude de dire : j’aurai connu les sabots et le gore-tex. C’est la même chose. Vous regardez mes doigts déformés, la rondeur de mon écriture manuscrite et vous demandez comment un être humain peut-il encaisser une pareille révolution technologique ? Vous en verrez d’autres. Et je ne me suis jamais laissé avoir, le gore-tex et les sabots même combat : contre le froid, contre l’humide. Alice soutenait que Madame de Staël avait inventé internet avec le jeu de la petite poste [10]. Alice avait raison. Le terrain était déjà là pour le glissement. Tout est arrivé très vite, les rêvoyures, les miraculeuses fleurs mousseuses, les Alus, les mutations. Tout est arrivé très vite parce que tout était près, latent. Et nous nous sommes adaptés. Rapidement. Spectaculairement. Un spectacle en forme d’écran de fumée idéal pour ceux et celles qui vivaient déjà dans les marges et les confins.

 

[10] Après dîner, nous avions imaginé de nous placer autour d’une table verte, et de nous écrire au lieu de causer ensemble. Ces tête-à-tête variés et multipliés nous amusaient tellement que nous étions impatients de sortir de table où nous nous parlions, pour venir nous écrire.
Madame de Staël / De l’Allemagne
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