UN BON ÉTÉ / TIERS LIVRE / NORD

Il y a le côté de la Seûle, le seul qui vaille, le seul qui vague déjà de sentir la mer à quelques heures de là dans la barque plate des pêcheurs et des plaisanciers qui régulièrement, depuis des siècles se fait endormir la nuit par des malappris qui ne peuvent pas traîner ici, qui ne peuvent plus ne pas répondre à l’appel du large, long jusqu’à l’or de l’autre Amérique, celle qui est a gardé son mystère d’aventures et de forêts, de deuxième chance et d’as dans la manche, celle où l’on peut toujours se refaire comme un self remède man, avec l’aide de l’ombre et du soleil, avec l’aide des champignons des chamanes déjà connu ici, avant, dans les vapeurs du marais, magie qui abolit le temps, la séparation, l’exil, qui arrondit la planète pour que la Seûle coule jusqu’à la mer quand bien même elle à l’air de partir vers le nord, vers Paris dont elle n’a jamais eu que faire, préférant se donner des airs d’importance de sous-préfecture modeste, qui baisse les yeux et n’élève pas la voix, alors que tout ici est plus rongé d’ambition de grands destins et de fortunes formidables que les bateaux relayant la passe des barques plates ne le sont par la rouille et tout ça recouvert d’un goudron pour limiter les dégâts et d’un coup de peinture d’honnêteté qui fait la blague puisque tout ceux qui restent doivent jouer le même jeu, mais en entendant l’écho, le dimanche dans le moisi bienséant des chuchotis qui suivaient le prêche avec des petites bouches mijorées de Saintes Nitouche, l’écho de ces vies sauvées par la nuit de la Seûle et refaites, rechapées, reshaped aux Amériques, l’écho lointain porté par le vent fou de bonheur dansant dans les cheveux de la liberté plus brûlante que si on l’avait chauffée dans la bouche d’or d’un dragon et qui faisait sur le parvis de l’église à peine plus de bruit qu’une lèvre approchant les poils de l’oreille, on les enviait ces bannis, ces exilés ces rescapés et le plus fort, c’est qu’on les envie encore et même si on ne peut rien dire, le dessin de la Seûle sur le cadastre dessine toujours un bras d’honneur qui saute aux visages.

Cet article a été publié dans blog. Bookmarker le permalien. Les commentaires sont fermés, mais vous pouvez faire un trackback : URL de trackback.