Zone réservée

 

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Si elle se lève
Si tôt sous la bruine un dimanche
C’est qu’elle est fumeuse

 

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Sous son casque noir
La mésange a pulvérisé
Son propre record

 

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Les oiseaux trompettent
Dehors ! Dehors ! Dehors ! Dehors !
Aux oreilles sourdes
Dès dehors la fraîcheur soufflète
Le sommeil trop court
Le masque aux joues gonflées de plomb
Dégage, léger
Dans l’air à peine plus que plume
Et l’instant étire
Ses membres sans fins dans les rues
Il me faut marcher

Les oiseaux tempêtent
De l’or ! De l’or ! De l’or ! De l’or !
Aux yeux grands ouverts
La fraîcheur de leurs cris dans l’air
Nous rend mammifères
Comme elle rend la ville aux pierres
La fraicheur fait louve
Fabuleusement solitaire
Du sol, solidaire
Quand le frôlant sans s’y confondre
Disparaît ma trace.

 

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Une femme dort
Paisiblement dans ces cheveux
Notre nuit à tous

 

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En l’absence de
Caresses le chat s’en va voir
Ailleurs autre chose

 

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Huit heures du mat’
C’est un midi au grand soleil
Pour les lève-tôt

 

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Un enfant un homme
S’en va acheter sa maison
D’alors maintenant

 

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La rame me tra-
-verse d’un tympan vrille crâne
Mais où ( m’en ) sortir ?

 

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Avant la brûlure
Il n’y a rien que du flou
L’eau enfin aiguise

 

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L’amertume étrange
Au goût donne mesure suave
De sa rareté

 

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D’un travesti la robe
Noire et noir me sied à ravir
Mais pas ses chaussures

 

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La claque d’un volet
Manifeste fantôme d’en face
Réveil pour le thé

 

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Un cycliste rouge
Ouverture éclair sur le pré
Vert du ciel bleu nuage

 

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Mots échoués du rêve :
( chanson ) nerveuse et légitime
dans ce coin fragile

 

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L’oxygène d’argent
Serpente au tapis comme un Nil
Vers ton coeur détroit

 

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Un verre en ses mains
Ma grand-mère dort statuaire
Ciboire il devient

 

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Toute ronde énorme
Encastrée sur mon cou infime
Bouille Bilboquet

 

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Un souffle si faible
Le fameux dé à coudre d’air
Toujours plus petit

 

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La tête du roi
Décollée arpente les rues
Le corps sacré suit

 

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Un chemin perdu
À la maison de mon ami
Un autre chemin

 

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La nuit rendormie
Traversée de trains égarés
D’accidents de plâtre

 

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Ce matin bruissant
D’autres esprits vont s’étirant
En terres voisines

Possibilité
Comme en Septembre et en Janvier
D’un printemps, offerte

D’une encre plus dense
Tant les ombres de matin autre
Affleurent et m’effleurent

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