Parler allemand c’est changer de camp
Aller camper ailleurs
Et ce matin
Ça n’était plus la misère de la fumée
du bois trop vert pour des goujats et qui ne prend pas
sauf à la gorge et monte les larmes aux yeux qui piquent
depuis l’écorchure des genoux de l’enfance
depuis la peur des gros chiens kaki dans les zones aseptisées
Ça n’était plus la fumée toxique
des toiles trop mâtinées de repentir
des tableaux de famille de la galerie
des horreurs, des crimes de faciès et des lits du mauvais
côté du pelochon et des photos de mariages
où l’on passe sa tête dans le trou
de la ballottine indigeste du banquet
bien ficelés, elle et lui, mais sans agapes
La fumaison, mais où, mais quand ?
La fumaison du père conservé ainsi sans son jus
Pas ça non plus
Le fumoir for men only où
la langue maternelle n’avait pas droit de Cité
quand environné de brouillard le Nonce-roi avait ses entrées
Ce matin, ce n’était rien de tout cela
Mais un feu de broussailles et de joie.